LE CHÂTEAU

L'entrée principale du château

Il fut toujours depuis sa construction au XIVème siècle ce donjon altier que nous connaissons "d’où le maître s’élançait sur la plaine comme le vautour de son aigle". L’édifice actuel a remplacé une forteresse plus ancienne.
Le plan rappelle celui de bon nombre d’autres châteaux de la Haute-Marche (Villemonteix, la Chezotte, le Théret). Il se compose d’un bâtiment en quadrilatère dont les côtés sont exactement orientés par rapport aux quatre points cardinaux.

Ce bâtiment est flanqué aux angles du côté de deux belles tours rondes, à l’ouest, sa façade opposée s’appuie sur une tour carrée en saillie plus élevée que le corps de logis principal et formant la cage cylindrique d’un escalier à vis de 120 marches. La cour d’honneur actuelle s’ouvre sur cette façade.
Un chemin de ronde avec meurtrières et mâchicoulis en encorbellement commande toutes les murailles du logis et défend les trois tours.
Le bâtiment élevé de quatre étages surmonté de toits à très grandes pentes compense ainsi par sa hauteur sa situation sur un plateau peu étendu dominé de trois côtés par des éminences.

Vue d'ensemble du château

Mais ce château est surtout connu par l’existence du "Grand Diable" surnom attribué à Philibert de la Roche Aymon, seigneur au XVII ème siècle. Celui-ci s’était rendu célèbre par sa barbarie. La devise des Roche Aymon n’était-elle pas : "Il sème partout la terreur et la mort."
Les crimes qu’on lui attribue sont sans nombre :

- un mendiant tué dans l’allée du château pour essayer la portée d’une arquebuse,

- un couvreur descendu de son toit par le même procédé alors que le pauvre homme s’inquiétait de passer par les combles,

- de noires instigations dans une grave affaire d’enlèvement d’enfant dont il était, dit-on, l’inventeur et qui remua fort la noblesse du Bourbonnais.

La façade arrière du château

Étant aussi un fort galant amoureux, aux environs de l’année 1640, il fit étrangler sa femme Anne St Julien, une nuit, dans sa chambre par ses gens car elle lui était un obstacle à de nouvelles amours avec quelque dame de Lyon. La justice s’en mêla. Après de longs procès, on exécuta trois de ses serviteurs, mais lui, fut élargi.
Continuant ses exploits, il fut condamné à mort pour rapt sur la personne d’une religieuse Jacqueline d’Aubusson qu’il épousa le 28 Septembre 1644. Mais l’arrêt fut cassé par le conseil du Roi et le coupable absous.
Néanmoins, il mourut en 1648 à la Conciergerie (Paris) après avoir fait de nouveaux méfaits. Il n’avait que 35 ans.

Confisqués pendant la révolution, le château et ses terres furent adjugés à un ancien fermier.

Aujourd’hui, il appartient au Docteur Gérard Chabert. Un parc animalier (daims, lamas, kangourous) l’agrémente. Hélas, ce château est privé et ne se visite plus.