![]() Max |
Rosy |
Jai eu un terrible choc!
Tout a commencé lorsque nous avons découvert un cadavre dans le salon... Mais, en fait, cette histoire a commencé bien avant : il y a trois mois lorsque j'ai rencontré Rosy. J'étais dans la rue et je demandais de l'argent aux passants près de la Tour Eiffel. Une fille est arrivée et je lui ai demandé :

Sous la Tour Eiffel
- T'as pas 5 francs ?
Elle m'a regardé avec ses grands yeux noirs et ma répondu :
- Je ne peux pas te donner 5 francs, je n'ai pas d'argent, par contre, je peux te donner le biscuit que je voulais manger.
- Tes folle, c'est rien un biscuit par rapport à de l'argent !, lui ai-je dis un peu énervé.
- Mais je n'ai rien, m'a-t-elle répété. Elle m'a tendu son biscuit que j'ai mangé tout de suite. Je l'ai trouvée amusante avec sa peau noire, ses sandales, sa robe multicolore, ses petites nattes partout et son sac à dos en forme de nounours.
Elle sest assise près de moi avec son chien Pepsi, un labrador beige, elle avait l'air triste. Alors je lui ai demandé ce qui n'allait pas.

Elle m'a raconté qu'elle venait de partir de chez elle car elle y était malheureuse. Ses parents s'étaient séparés, sa maman était partie et elle vivait avec son papa qui travaille tout le temps et qu'elle ne voit jamais.
Quand la nuit est tombée, nous avions faim mais Rosy n'avait plus de gâteau et nous n'avions pas d'argent ni l'un ni l'autre.
Heureusement que ce jour-là c'était Halloween. Nous avons eu des gâteaux, des friandises et des oranges, c'était super ! Mais le lendemain ce n'était plus Halloween et les ennuis commençaient. Les grandes personnes nous regardaient bizarrement Rosy et moi. Je pense que c'était parce que je portais un pantalon troué, un tee-shirt rayé noir et blanc, des baskets, une casquette à l'envers et que Rosy avait la peau noire.
Au départ nous sommes allés demander à manger aux gens en frappant à leur porte, ils nous donnaient des pommes, des gâteaux.
Ensuite nous avons essayé dans les magasins, mais ça fonctionnait moins bien. Et puis il a commencé à faire de plus en plus froid. Nous avions du mal à nous promener dans la rue, nous avions envie d'être au chaud mais nous ne savions pas comment faire. Rosy a eu une idée :
" Mes parents ont des amis qui ont une maison de vacances vers Montmartre, ils n'y viennent que pendant l'été et l'hiver, il n'y a personne... en plus je sais où ils cachent la clef."

Tout de suite j'ai dit : " On y va, c'est super!" car enfin nous allions être abrités et Rosy venait de m'apprendre que les placards étaient pleins de conserves. Nous avons pris le métro, en passant sous les barres nous n'avons pas besoin de payer !
La maison était assez grande, il y avait à manger et nous étions protégés du mauvais temps, c'était le paradis.
Mais au bout d'un mois nous avons dû partir car les voisins commençaient à se douter que quelqu'un logeait dans la maison, pourtant nous n'allions à l'intérieur qu'une fois la nuit tombée mais nous avions dû être vus. Un matin une voiture de police est arrivée, la sirène m'a réveillé. J'ai tout de suite su que c'était pour nous, je me suis dépêché de secouer Rosy, nous avons pris quelques affaires et nous sommes passés par la porte de derrière avec Pepsi.
Ça faisait deux mois que nous nous étions rencontrés Rosy et moi et nous en étions au même point qu'au début.
Dans la rue maintenant les magasins étaient tous éclairés et dans les vitrines il y avait déjà des jouets pour Noël.
Je sentais bien que Rosy était triste mais je ne savais plus quoi faire. Et puis, nous avons cassé la vitre d'une cave pour nous abriter. Mais lorsque nous sommes entrés, Rosy a hurlé car il y avait des souris partout ; Pepsi s'est mis à aboyer alors nous sommes repartis en courant.
J'ai regardé Rosy et je lui ai dit :
- Écoute, je connais quelqu'un au marché aux puces qui peut vendre des objets. Mais il faut que l'on aille les voler dans les maisons."
Rosy m'a répondu :
- Mais tu es fou, on ne va quand même pas voler des gens!
- C'est la seule solution pour que l'on ait un peu d'argent et que l'on puisse passer un bon Noël !
Rosy avait un regard tout triste et elle m'a dit :
- Bon d'accord, on va essayer.
Nous sommes allés voir l'homme au marché aux puces, il a été surpris mais a bien voulu que l'on travaille pour lui. Il nous a donné un passe-partout. La première maison que nous avons volée était près de Notre-Dame. Nous avons guetté les habitants : lorsqu'ils sont sortis, nous sommes entrés grâce au passe-partout et nous avons pris des objets de décoration. Ce vol nous a rapporté 1000 Francs, c'était bien. Alors nous avons continué comme cela, nous allions toujours dans des maisons et nous attendions que tout le monde soit parti. Rosy regardait par la fenêtre pour voir si personne ne revenait et moi pendant ce temps je remplissais mon sac à dos. C'était bientôt Noël et l'homme du marché aux puces nous a donné l'adresse d'une autre maison.
Rosy n'avait pas envie mais nous étions obligés.
Alors, comme d'habitude, nous avons guetté les habitants; lorsqu'ils sont partis, grâce à la clef, nous sommes entrés, mais il y avait un chien. Pepsi a essayé de nous défendre, les deux animaux se sont battus. Rosy a crié, elle a couru dans la maison, je l'ai suivie et dans le salon nous avons trouvé, près du canapé... un cadavre.
Dès que nous avons vu le cadavre, nous avons paniqué. Rosy m'a dit :
" Soyons prudents, car le meurtrier est peut-être encore là! - Oui, tu as raison." Nous avons examiné la pièce, il n'y avait personne. Quand nous sommes revenus pour observer le cadavre, nous avons remarqué un détail : il avait un pistolet dans la main. Rosy ma dit :
- Viens avec moi, on va chercher un téléphone" Rosy fit le 17 et dit :
- Allô la police? Il y a un cadavre dans la rue du Colonel au numéro 23. A tout de suite et merci!!!
Un quart d'heure plus tard, la police était là et se présenta. Les policiers se sont partagés le travail : l'un a examiné le cadavre, puis les empreintes digitales, mit le pistolet dans un sac et l'autre a commencé notre interrogatoire.
Le policier nous a demandé :
" Comment vous appelez-vous ?
- Max et Rosy.
- Pourquoi êtes-vous là ?
- Parce que nous avons vu une personne sortir de la maison en courant. Alors nous nous sommes demandé pourquoi il courait si vite. La porte était ouverte et nous sommes entrés. Puis nous vous avons appelés.
- Etes-vous de sa famille ?
- Non, on n'a jamais vu ce monsieur.
- Venez-vous souvent dans le quartier? "
Nous commencions à avoir peur que les policiers ne découvrent qu'on avait déjà volé dans d'autres maisons du quartier.
" Non, nous ne sommes jamais venus ici." dis-je.
Le policier notait tout ce que nous disions. Pour finir, il nous a demandé si nous avions vu quelqu'un ou quelque chose de suspect.
"Le monsieur était habillé avec une veste orange fluo, pareil pour le pantalon. Nous avons aussi remarqué que sa veste était déchirée. Il avait aussi une casquette, répondit Rosy.
- Attendez, vous ne pourriez pas nous le décrire un peu plus précisément ? Comment était son visage ?
- Il était brun avec une grosse moustache.
- Bon, nous allons aller au commissariat car nous avons des ordinateurs hyper sophistiqués pour identifier son visage."
Dix minutes plus tard, nous étions au commissariat. Grâce au fichier d'un ordinateur, nous avons pu faire un portrait-robot de notre suspect.
- Les enfants, est-ce que vous vous rappelez comment étaient ses cheveux, demanda le policier ?
- ... Euh,.... je crois qu'il avait les cheveux rasés, répondit Rosy, et une cicatrice au front.
- Nous allons plutôt vous montrer des photos de criminels que nous avons déjà arrêtés, dit le policier.
Le policier nous en montra plusieurs. "Cette photo, la numéro 6, ressemble au criminel.
- D'accord."
Les policiers sont repartis faire leur enquête. Nous, nous étions libres. Pendant ce temps, nous sommes allés chercher notre ami Tomy, le détective privé, parce que nous avions des problèmes. Nous lui avons tout raconté.
"Si nous avouons tout aux policiers, nous irons en prison, dit Rosy.
- Vous avez raison, répondit Tomy.
- C'est le marchand du marché aux puces qui nous a dit d'aller voler là-bas.
- Et si nous allions faire notre enquête ? proposa Tomy.
- Le marchand nous a donné rendez-vous dans un chantier rue Saint Martin.
- Allez, on y va." dit Tomy
Nous sommes montés dans un taxi avec Tomy et nous sommes allés au chantier. Une fois arrivés, nous avons attendu le marchand du marché aux puces car il n'était pas là. Quand il est arrivé, il nous a demandé si nous avions les objets. Nous lui avons répondu :
" Non, nous n'avons pas les objets.
- Pourquoi ? demanda-t-il. Et d'abord qui est avec vous?
- C'est Tomy.
- Et qui est-ce ?
- C'est notre ami !"
Le marchand nous demanda discrètement d'aller dans un coin sans Tomy.
"Je vous ai demandé de venir tout seuls" dit le marchand en chuchotant.
Mais Tomy avait tout entendu. Il fit semblant de comprendre que le marchand ne voulait pas de lui. Il courut se cacher derrière une pelleteuse pour pouvoir écouter ce qu'il disait.
"Avez-vous récupéré une arme ? demanda-t-il.
- Non.
- S'est-il passé quelque chose de bizarre ?
- Euh,..., non, euh... il ne s'est rien passé de spécial." Nous espérions qu'il n'avait rien remarqué.
Il nous donna ladresse d'une autre maison pour aller voler. En fait, il voulait sûrement se débarrasser de nous. Une fois le marchand parti, Tomy est sorti de sa cachette et nous a dit :
"Vous ne le trouvez pas bizarre ce marchand ? Je pense qu'il veut vous piéger."
Tomy alla se renseigner auprès de la police pour en savoir plus sur l'enquête. Nous lui avons donné rendez-vous à 3 heures près du marchand de glace.
Nous sommes allés au lieu du rendez-vous pour voir si Tomy avait terminé avec la police. Quand il revint du commissariat, il nous raconta tout ce que les policiers lui avaient dit :
" Les policiers m'ont dit que ça pouvait être vous les meurtriers parce que vous étiez là et que vous voliez. Ils pensent que c'était un accident : le propriétaire voulait vous faire peur, il y a eu une bagarre et il s'est tué avec le pistolet. Ils ont même dit qu'ils allaient relever les empreintes digitales. Pouvez-vous venir au commissariat avec moi ?
- Pourquoi ? ai-je demandé.
- Pour relever vos empreintes digitales.
- Qu'est-ce c'est ? A quoi ça sert ?
- Des empreintes digitales sont des petites lignes vous avez sur vos doigts. Personne d'autre n'a les mêmes et on en a besoin pour voir si elles sont différentes de celles qu'il y avait sur le revolver dans la main du cadavre, répondit Tomy.
- Euh...d'accord. De toute façon, on ne l'a pas touché ce revolver."
Dès que nous sommes arrivés au commissariat, un policier nous a demandé de poser notre doigt sur un tampon puis sur une feuille.
" Attendez un peu ici.
-D'accord."
Ensuite Tomy et le policier sont sortis d'une salle :
"Désolé, mais ce sont les mêmes empreintes que sur le revolver, donc vous nous avez menti pour le portrait-robot. Vous l'avez complètement inventé, dit le policier.
- Attendez, je me souviens qu'avant que le marchand du marché aux puces nous ait donné le passe-partout, il nous a fait toucher une arme pour voir comment c'était.
- Qui est ce marchand du marché aux puces ? demanda le policier.
- C'est un ami qui prend les objets que nous volons pour les revendre.
Les policiers nous ont demandé de leur décrire le marchand du marché aux puces. On leur a dit qu'il avait un pantalon et une veste en cuir noir, souvent un pull avec une capuche, que sa peau était bronzée, qu'il avait une petite moustache et une petite barbe comme quelqu'un qui a oublié de se raser, des cheveux bruns longs attachés et qu'il se déplaçait à moto. Le plus vieux des policiers nous a demandé comment on avait pu rencontrer un tel individu. Rosy lui a expliqué que l'on n'avait plus d'argent pour manger et qu'on ne trouvait plus de solution pour s'en sortir. Rosy a raconté que nous avions été rencontrer cet homme à son magasin qui s'appelle "le vieil art", qu'il nous avait dit qu'il fallait que l'on aille voler dans des grandes maisons des objets de valeur pour qu'il les revende ensuite." J'ai continué: "Ça a duré deux mois, il nous avait donné un passe partout, il nous donnait l'adresse d'une maison, on devait guetter le départ des propriétaires et rentrer dans la maison dès qu'ils étaient tous partis."

Rosy leur a expliqué que ça avait été pareil pour cette dernière maison mais que cette fois, lorsque l'on était rentré, on était tombé nez à nez avec un chien, qu'elle avait eu peur et qu'elle avait couru dans la maison et que c'est dans le salon que l'on avait découvert un homme mort.
Le policier nous écoutait attentivement puis il nous a dit: "Les enfants, j'ai bien tout compris Je pense que vous n'êtes pas les coupables, mais que l'on a voulu vous tendre un piège. Par contre je n'ai pas le choix je dois vous mettre en garde à vue car nous n'avons pas la preuve que vous n'avez pas tué le bonhomme." Nous ne savions pas ce que c'était que d'être en garde à vue et Rosy commençait à pleurer. Les policiers nous ont emmenés dans un endroit comme une petite cage d'où on pouvait voir ce qui se passait. L'un d'eux nous a dit qu'il ne fallait pas que l'on s'inquiète, qu'ils feraient tout pour coincer le marchand. Alors, Rosy et moi nous nous sommes sentis mieux et nous avons eu moins peur.
Nous nous sommes assis et nous avons regardé les gens qui rentraient au commissariat. Ça a commencé par une dame en pleurs qui avait perdu son enfant pendant qu'elle faisait les courses dans un grand magasin. Un policier est parti à sa recherche tout de suite. Pendant ce temps, le policier gentil qui nous avait rassurés nous a apporté du poulet rôti et des frites pour que l'on puisse manger car il était déjà 13 heures. Quelques temps après, nous avons vu un monsieur entrer suivi de deux policiers pas très contents et nous avons compris que ce monsieur venait d'être pris saoul au volant de sa voiture.
Puis je me suis souvenu d'un truc et j'ai appelé le vieux policier. Je lui ai dit: "Je me souviens que la première fois que nous avons rencontré le marchand dans son magasin, il nous a fait voir un pistolet en nous disant de l'emporter avec nous. Rosy l'a pris dans sa main puis me l'a passé mais nous lui avons rendu car ça nous faisait peur." Le policier a répondu : "Il avait bien manigancé son coup ce marchand car ce pistolet c'est celui que nous avons retrouvé près du cadavre, ça ne peut être que ça !" et il est reparti en parlant tout seul.
Pendant ce temps, venaient d'entrer un autre homme qui roulait sans permis de conduire, une dame qui conduisait à 150 Km/h sur le boulevard Raspail en plein Paris, une autre dame qui avait fait exprès de foncer dans une petite Peugeot... Ça nous a fait un peu rigoler mais on avait quand même un peu honte. Nous étions dans la cellule depuis déjà 5 heures ; un autre policier nous a apporté des sandwichs.
Là, un homme avec une cagoule noire est entré avec des menottes encadré par deux policiers. Cet homme était recherché depuis plusieurs jours : il volait des fleurs et des plaques dans les cimetières.
Rosy ma dit : " Vraiment il y a des gens bizarres ! "
Enfin le vieux policier est arrivé et nous a dit :
" Les enfants, nous avons la preuve que vous n'y êtes pour rien dans le meurtre du bonhomme! Nous avons fait analyser la balle qui a tué l'homme et elle n'a pas pu être tirée par le pistolet avec vos empreintes."
Avec Rosy on ne comprenait pas bien mais on était heureux qu'ils aient fait cette découverte. Rosy a dit avec une petite voix: "C'est quoi une analyse de balle ?"
Le policier sest assis et a dit : " Cest un peu compliqué, mais pour faire simple, on peut dire que dans chaque canon de pistolet ou de fusil il y a des rainures. La balle en passant dans le canon se raye. En plus, chaque rainure est unique, un peu comme nos empreintes digitales. Dans le cas qui vous concerne, les rainures de la balle et celles du canon nont rien à voir, donc impossible que ce soit le pistolet avec vos empreintes qui ait tué le bonhomme, les enfants ! "
Ça pour une nouvelle, cétait une bonne nouvelle.
Avant de sortir du commissariat nous avons demandé l'adresse de la fourrière pour aller récupérer Pepsy. Dehors nous avons retrouvé Tomy qui nous a accompagnés jusqu'au refuge. En chemin, nous avons demandé à Tomy où il en était de son enquête. Il nous a dit qu'il savait le nom du cadavre, que celui-ci s'appelait Monsieur Robert. Rosy et moi étions curieux de savoir comment il s'y était pris alors il nous a raconté:
" Je suis allé voir les policiers. Ils m'ont dit que cet homme était connu des services de police et qu'il était enregistré dans leur fichier. En fait, il avait voulu payer, il y a environ deux mois de cela, une bague pour sa femme avec deux billets de 500 francs. Mais les vendeurs de la Place Vendôme se sont méfiés et se sont rendus compte que les deux billets étaient faux. Les employés de ce bijoutier ont appelé tout de suite la police. Mais ce Monsieur Robert leur a dit qu'il ne savait pas où il avait bien pu avoir ces deux billets, certainement au distributeur de la banque. Bien évidemment les policiers ne l'ont pas cru mais, faute de preuve, ils ont été obligés de le laisser partir après avoir pris soin de noter son nom et son adresse.
Rosy, qui écoutait attentivement, dit : "Et sil avait menti et que les billets il ne les avait pas eus au distributeur ?"
J'ai trouvé que c'était une bonne remarque alors j'ai dit : "Ça c'est une bonne idée, nous allons explorer cette piste. De toute manière c'est la seule que nous ayons. Mais je me demande bien ce que faisait ce Monsieur Robert avec deux faux billets et surtout où il a bien pu les avoir !"
Rosy affirma : "Moi je suis sûre que le marchand du marché aux puces fait partie de cette histoire!"
Tout en parlant nous étions arrivés à la fourrière : nous avons donc retrouvé Pepsy qui devait se demander s'il nous reverrait un jour. Toute la petite bande était à nouveau réunie. Nous sommes allés tous les trois nous asseoir dans un square tandis que Pepsy, content d'être enfin libre, courait autour des arbres.
Tomy a repris la conversation et a dit : "Il faudrait suivre ce marchand pour voir ce qu'il trafique mais pour cela il faudrait que l'on fasse équipe avec les policiers et que l'on aille leur en parler."
Aussitôt dit, aussitôt fait et Tomy se proposa de faire cette filature car "il ne m'a vu qu'une fois et ne doit plus se souvenir de moi et donc il ne se méfiera pas" nous expliqua-t-il.
Les policiers, Rosy et moi nous avons trouvé cette idée excellente. Le premier soir, Tomy suivit le marchand mais il ne se passa rien. Par contre le second, le marchand alla à son magasin et Tomy parvint à entrer lui aussi en cachette. Le marchand avait pris le téléphone et il parlait tout doucement. Tomy, pour entendre ce qui se disait, s'approcha, se cacha derrière une vieille commode et écouta. Le marchand disait: "Je vais te donner la valise comme convenu dans trois jours, à 16 heures précises, place Vendôme, à côté du bijoutier Lalier. Ne sois pas en retard! "
Tomy pour ne pas se faire prendre sortit discrètement. II alla tout de suite nous avertir : les policiers, Rosy et moi.
Le plus vieux des policiers dit: "Voilà l'occasion de les piéger, on va les prendre en flagrant délit car ça m'étonnerait que ce soit une valise de vêtements qu'il lui donne!"
En attendant la date prévue Tomy nous a invités chez lui pour dormir. Nous repensions sans cesse à toute cette histoire et nous avions hâte que le jour arrive pour pouvoir coincer cet individu mais nous avions peur que ça rate...on se disait que peut-être il n'avait rien à voir là-dedans... En fait on ne savait plus, tout se mélangeait dans nos têtes.
Et puis le jour est arrivé. Nous nous sommes retrouvés au commissariat et nous sommes allés avec les policiers Place Vendôme comme prévu. Il était 14 heures, il fallait mettre le piège en place, que les gens se placent et se cachent, comme dans les films ! Rosy était surprise que pour une fois les policiers soient habillés de façon normale, mais Tomy lui a expliqué que c'était pour passer inaperçus et qu'ils avaient tout de même une bande fluo scratchée en haut du bras où il était écrit " Police ".
Un des policiers était assis sur un banc et faisait semblant de lire un journal, deux autres étaient dans un café et semblaient discuter en buvant un verre, nous trois, nous étions un peu plus éloignés car il ne fallait pas que le marchand nous voit et se rende compte qu'il se passait quelque chose. A l'heure dite un taxi s'arrêta et le marchand du marché aux puces sortit de cette voiture, une mallette volumineuse à la main. Là une voiture se gara et l'homme qui en sortit se dirigea vers lui.
Tout de suite Rosy et moi nous nous sommes regardés et nous avons dit à Tomy :
" Tomy, cet homme qui vient de sortir de sa voiture c'est lui qui est sorti en courant de chez Monsieur Robert le jour où il a été tué."
Tomy n'en croyait pas ses oreilles et il est tout de suite parti donner cette information aux policiers.
Le marchand donna la mallette à son ami, mais à ce moment-là, les policiers arrivèrent en courant, tendant leurs armes vers les deux hommes et criant: "Police, plus un geste, vous êtes cernés. Posez doucement la mallette par terre et levez les mains". Le marchand tenta de partir en courant mais il était trop tard, les policiers étaient partout et lui mirent les menottes comme à son collègue. Tout ce petit monde fut emmené au commissariat. Au départ aucun des deux hommes ne voulaient répondre aux questions, alors les policiers ouvrirent la valise et sortirent 35 paquets de 20 billets de 500 francs soit 350000 francs. Après une petite vérification, les policiers affirmèrent que tous les billets étaient faux. Au bout de trois heures d'interrogatoire, les deux hommes se décidèrent quand même à raconter leur histoire. De toute manière ils étaient cuits.
C'est le marchand qui parla le premier et dit: "j'ai dit à un collègue d'aller voir Monsieur Robert car il ne voulait plus travailler pour nous, ne plus faire les faux billets. Il voulait même nous dénoncer à la police car il avait peur de se faire prendre. Il avait soi-disant eu une histoire chez un bijoutier : il avait failli se faire avoir et depuis ce jour il voulait tout cesser et tout vous raconter. Nous avons eu peur qu'il le fasse et Monsieur Jean est allé le voir pour le convaincre de ne pas gâcher tout ce beau trafic. Une fois là-bas, Monsieur Jean a dit à Monsieur Robert que nous pouvions le payer plus cher si c'était une question d'argent, qu'il fallait qu'il continue mais Monsieur Robert n'a pas voulu. Monsieur Jean s'est énervé, ils se sont battus et le coup est parti". Là, l'homme que nous avions reconnu et qui n'avait encore rien dit continua : "C'est vrai le coup est parti tout seul, je ne voulais pas le tuer!"
Rosy intervint : "Donc, c'est bien vous que nous avons vu sortir avec votre veste fluo !"
"Oui, c'est moi, dit Monsieur Jean. Ensuite je suis allé voir le marchand pour lui expliquer toute l'affaire et c'est lui qui a eu l'idée de maquiller le crime pour que ce soient les deux enfants les coupables et qu'ils soient accusés à ma place."
Nous comprenions tout maintenant.
Les deux individus ont indiqué où se trouvait la machine pour fabriquer les faux billets ; les policiers sont allés la chercher comme preuve.
Cette histoire finissait plutôt bien. Si j'ai raconté cette histoire deux ans après, c'est que je viens de lire que les deux affreux viennent juste d'être jugés et se sont pris 15 ans de prison dont 10 ans fermes.