Assistants étrangers

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 Programme d'accueil d'un assistant à l'école

 

Le cadrage

 

1)  Textes en vigueur

Circulaire n° 2008-172 du 17-12-2008 (B.O. n°1 du 1/01/2009) :

"Affectation des assistants de langues vivantes étrangères dans les écoles et les établissements du second degré"

www.education.gouv.fr/cid23324/mene0800971c.html

 

2)  Les conditions d’accueil des assistants à l’école

Suite à la réflexion conduite par un groupe de travail en 2003, le ministère a souhaité améliorer les conditions d’accueil et de séjour des assistants étrangers et permettre une meilleure utilisation de leurs capacités spécifiques.

a.    Démarche qualité :

L’ensemble s’inscrit dans une démarche qualité  qui, sous la responsabilité des recteurs, doit mobiliser les services académiques concernés, tant au plan logistique qu’au plan pédagogique :

- par un renforcement du pilotage académique : le groupe académique de pilotage des langues vivantes est chargé de la coordination du dossier des assistants de langues vivantes

- par une responsabilisation accrue des échelons locaux :

  • Un responsable académique pour le programme d'assistants est désigné par le recteur.

  • L'affectation est dorénavant liée à un engagement des établissements qui souhaiteront bénéficier d'assistants. Cet engagement prend la forme d'un cahier des charges précisant les modalités d’accueil des assistants et leurs missions.

- par la facilitation des démarches administratives et des modalités d’accueil de l’assistant.

- par l’information et la formation des acteurs du programme : personnes-ressources, assistants, directeurs d’école, enseignants impliqués….

L’ensemble des informations et ressources relatives au programme sont mises en ligne sur le site du CIEP et sur le site Primlangues, dédié à l’enseignement des langues à l’école primaire.

- par la formation des assistants

  • Des dispositifs d’accueil et de formation sont mis en place par les académies 

  • le stage d’accueil d’une journée qui a pour vocation d’aider les assistants à s’insérer dans leur milieu de vie et à appréhender les spécificités du système éducatif français ;

  • une période d’observation de classes, effectuée dans différentes disciplines et à différents niveaux, préalablement à la prise de fonction de l’assistant ;

  • dans le premier degré, une formation pédagogique “filée” en cours d’année qui peut prendre la forme de regroupements, de visites de classes, d’apport de matériels documentaires, et qui est placée sous la responsabilité des inspecteurs chargés de circonscription ;

  • l’accès aux centres régionaux et départementaux de documentation pédagogique, ainsi que la mise à disposition des mallettes pédagogiques du CIEP téléchargeables à partir du site du CIEP.

b.    Cahier des charges 

Dans la note du 14 octobre 2003 adressée aux recteurs, il est indiqué que, « à partir de la rentrée 2004, l’affectation, l’accueil et l’emploi des assistants étrangers de langues vivantes doivent être organisés selon des objectifs précis et sur la base d’un cahier des charges type. »

Ce cahier des charges, mis en place dans un premier temps pour le second degré, se présente sous la forme d’un document regroupant des informations administratives  (cadrage et conditions du séjour) et un volet pédagogique où l’établissement formule ses préférences quant au profil et aux attributions de l’assistant.

Dans le premier degré, un cahier des charges spécifique a été élaboré lors du séminaire du CIEP en décembre 2007 et mis en place en 2008. Outre l’identification des écoles partenaires du projet, un projet d’activités pédagogiques devant impliquer l’assistant est présenté avec mention des objectifs, des activités, des enseignants concernés et du profil d’assistant souhaité. Il est soumis à l’avis de l’IEN.

 Être assistant dans une école

1) L’organisation de l’accueil des assistants

 a.    le cadre administratif du poste :

Les assistants sont recrutés dans le cadre d’un programme bilatéral d’échange et d’ouverture aux langues vivantes et aux cultures étrangères élaboré conjointement par le ministère des affaires étrangères et de l’éducation nationale. Ce programme concerne des étudiants étrangers âgés de 20 à 35 ans inscrits dans des formations universitaires de 2nd et 3è cycle.

Ils effectuent en France un service hebdomadaire auprès d’élèves du 1er ou du 2nd degré, ou dans les IUFM.

L’assistant de langue vivante est un agent temporaire du ministère l’éducation nationale recruté par arrêté rectoral sous contrat à durée déterminée de 9 mois ou 7 mois pour le 1er degré, de 7 mois pour le 2nd degré et de 6 mois pour l’IUFM.

Au 1er février 2007, la rémunération mensuelle brute est de 944.87 EUR (avant déduction des diverses retenues obligatoires). Le salaire net est d’environ de 780 EUR pour 12 heures par semaine.

Un assistant assure généralement 12 heures par semaine et son service peut-être réparti sur plusieurs établissements sans en excéder 3. Il bénéficie des mêmes vacances que les élèves et les enseignants.

En cas d’absence pour maladie ou pour un besoin justifié, il doit informer l’IEN de sa circonscription comme pour un enseignant.

En fin de séjour, un rapport sur l’assistant est rempli par le directeur, l'IEN ou le conseiller pédagogique et renvoyé au CIEP et au rectorat de l’académie.

b.    le parcours de l’assistant de la nomination à sa prise de fonctions

Etape 1 : Après avoir complété et renvoyé une demande de candidature (dossier disponible sur le site du CIEP), l’assistant dont la candidature est retenue reçoit courant juin, un courrier composé par :

4   l’arrêté de nomination lui précisant le nom de l’établissement de rattachement administratif avec lequel il aura des formalités administratives à remplir et éventuellement les autres établissements dans lesquels il travaillera (2 maximum).

4   un accusé réception à renvoyer au rectorat afin que le poste soit réservé. S’il n’est plus intéressé par ce poste ou s’il rencontre un empêchement, il doit prévenir le rectorat pour qu’un autre candidat soit contacté.

4   une lettre d’accueil,

4   une lettre pour l'ANAEM (Agence Nationale d’accueil des étrangers et des migrations) concernant les assistants hors Union Européenne.

Etape 2 : en arrivant en France, il doit effectuer des démarches administratives et rechercher un hébergement.

4 La carte de séjour :

Les ressortissants d’un pays hors Union Européenne doivent contacter la préfecture du département du lieu d’affectation pour obtenir une carte de séjour et une autorisation temporaire de travail de la même durée.

4 L’hébergement :

Les établissements ne sont pas obligés de loger les assistants. Des possibilités de logement peuvent exister localement : internat, résidence universitaire ou foyer de jeunes travailleurs. Si aucune possibilité n’existe, on a souvent recours au bouche-à-oreille, à l’entraide, à la co-location car les offres du privé sont généralement inabordables pour le budget d’un assistant.
4 L’ouverture d'un compte en banque :

L’assistant doit très rapidement, dès qu’il a une adresse, ouvrir un compte bancaire et obtenir un relevé d’identité bancaire.

Etape 3 :

Quand il arrive dans son établissement, l’assistant doit remplir son procès verbal d’installation qui certifie sa prise de fonctions et fournir des documents à renvoyer au rectorat :

  • 1 copie de l’extrait d’acte de naissance,

  • 1 copie de la carte de séjour dès qu’elle est obtenue,

  • 1 RIB (relevé d’identité bancaire) original et nominatif,

  • 1 copie de la carte d'autorisation de travail.

Il doit bien sûr rencontrer la personne-ressource chargée de son accueil, le directeur de son école d’affectation, et l’IEN chargé des Langues Vivantes et l’IEN de la circonscription.

Etape 4 :

Avant sa prise de fonctions, l’assistant reçoit une formation sous la forme évoquée dans le chapitre « démarche qualité » :

  1. le stage d’accueil académique (regroupement) d’une journée au cours de laquelle il reçoit des informations et des conseils pratiques…

  2. une période d’observation de classes, effectuée dans différentes disciplines et à différents niveaux, dans son école de rattachement ou d’autres avec l’accord de l’IEN et des directeurs

  3. une prise de contact avec l’école et les enseignants avec lesquels il va travailler, pour mettre au point un emploi du temps et un projet pédagogique avec l’aide de la personne–ressource ;

  4. une prise de contact avec la ou les classes dans lesquelles il va travailler, en présence de la personne-ressource.

 Un guide à télécharger est disponible sur le site du CIEP : GUIDE DE L'ASSISTANT

2. L’aspect pédagogique 

a.  Les missions

La présence d’un assistant doit être mise à profit pour développer l’ouverture internationale de l’école et de la classe. Les missions de l’assistant à l’école sont définies dans la circulaire du 31 mai 2006. Elles sont, dans l’ordre :

v  L’enseignement de la langue :

Ø les assistants du primaire affectés pour 9 mois sont volontaires pour une prise en charge de l’enseignement dans le 1er degré, mais leur intervention doit se faire en présence et sous la responsabilité pédagogique du maître de la classe.

Ø les assistants du primaire affectés pour 7 mois viennent en appui aux enseignants et intervenants qui dispensent un enseignement de langue et ne doivent en aucun cas être laissés seuls devant une classe.

v  la pratique de la langue orale avec les élèves par une exposition à une langue de communication authentique

v  l’élaboration de documents pédagogiques (réalisation d’enregistrements, affiches, dossiers culturels, coin anglais..)

v  la participation à la mise en œuvre d’un projet d’échanges ou une correspondance scolaire

v  l’animation d’un atelier de langue

D’autres rôles peuvent être imaginés, au sein de l’établissement, en fonction des projets locaux et des intérêts personnels de l’assistant.

  1. Exemples de mises en œuvre dans des classes :

La mise en œuvre va être concrétisée par l’emploi du temps de l’assistant qui, en plus des contraintes de missions, doit tenir compte des contraintes horaires de l’école, des échanges de service, du projet de classe, de cycle et d’école… et du projet personnel de l’assistant (Ils peuvent disposer de moments pour une formation personnelle, mais en aucun cas un autre emploi rémunéré !)

Si l’assistant doit se rendre d’une école à une autre, les temps de trajets sont comptés comme temps de classe. De même, si l’assistant reste une demi-journée complète dans une école, cela compte pour la durée de cette demi-journée (3 heures en général). On évite un emploi du temps à trous ou des aller-retour dans les écoles !

Ø Activités d’enseignement en présence du maître de la classe :

L’assistant conduit lui-même les séances d’apprentissage des LV. Il est co-responsable de l’enseignement et de l’évaluation et peut, à ce titre, assister aux réunions de l’équipe pédagogique. Une bonne maîtrise de la langue française est un facteur indispensable pour mener à bien ces activités d’enseignement.

Des outils pédagogiques lui sont fournis ainsi que l’appui pédagogique du CPD-LV.

L’assistant a besoin de réunions régulières pour faire part de ses difficultés ou de ses besoins et il est intéressant de réunir plusieurs assistants qui auront ainsi l’occasion de partager leurs expériences, voire leurs outils.

Ils ont impérativement besoin d’aide pour évaluer, ceci devant fournir l’occasion d’une réelle concertation avec l’enseignant de la classe

 

Ø Activités de co-animation avec un maître habilité :

Il peut s’agir pour l’assistant d’interventions ponctuelles à la demande et sous le contrôle d’un enseignant qui assure l’enseignement des langues (animation d’une activité langagière, apprentissage d’une comptine, d’un chant, d’un sketch, découverte des règles d’un sport, découverte d’un fait culturel, de coutumes du pays de la langue étudiée…).

L’assistant peut être impliqué dans un projet de classe comportant, par exemple un volet culturel, ou participer un atelier lecture à la BCD.

Ces activités sont notées dans l’emploi du temps de l’assistant de façon plus souple (plage réservée), l’organisation et les contenus pouvant être prévus une ou 2 semaines avant. Toutefois, si aucun projet n’est prévu, l’assistant doit être dans une classe, à l’horaire correspondant et apporte son aide d’une autre façon.

 

Ø Projets spécifiques :

Ils impliquent une classe ou un groupe sur une période définie et concernent une activité langagière pour laquelle la présence et les compétences de l’assistant seront mises à profit :

Exemple : correspondance scolaire ou participation de l’assistant à un partenariat avec une classe d’un pays anglo-saxon.

On peut aussi envisager des projets faisant appel aux compétences spécifiques de l’assistant :

Projets à dominante artistique : théâtre, chant, ou danse,

Projets à dominante sportive : pratique d’un sport, course d’orientation…

Projets à dominante culturels…

 

La réalité du terrain

 

1)  des exemples de projets qui ont fonctionné :

-      un atelier linguistique :

Le principe : articuler un atelier LV avec des ateliers fonctionnant habituellement.

Exemple d'un décloisonnement sur 2 classes de 20 élèves avec 2 enseignants pour encadrer (BCD et informatique).

Avec l'atelier LV, on a donc 3 groupes de 13 élèves et 3 personnes pour encadrer.

Les objectifs : immersion dans la langue dans une activité artistique basée sur les faits culturels. Les élèves sont mis en situation de fabriquer des objets, d’élaborer des saynètes, des affiches, des brochures en relation avec les fêtes anglo-saxonnes….

-      un atelier « sport » :

L’enseignant et l’assistant encadrent la classe.

L'objectif : découverte du baseball

L’assistant explique en anglais les actions caractéristiques du baseball. Cela débouche sur la compréhension orale de consignes et d’ordres à exécuter.

Il fournit aussi des formules d'encouragement, d'expression de la déception ou de la joie de gagner.
A travers des règles simplifiées, les élèves jouent, et les spectateurs ont les outils langagiers pour encourager, exprimer leur émotion en anglais

 

2)  les problèmes et les incidents de parcours:

Outre les difficultés qui vont forcément se présenter et qui trouvent des solutions « à l’amiable » sans qu’il soit nécessaire d’en référer aux acteurs du programme, on peut rencontrer des problèmes plus sérieux :

a)    L’assistant ne se présente pas :

La présence des assistants nommés sur l’académie est vérifiée le jour du regroupement académique. Normalement, en cas de refus du poste, l’assistant a averti le rectorat et on a désigné un autre candidat sur la liste des vœux pour ce poste. Mais il arrive que l’assistant ne prévienne pas…. Il est parfois trop tard pour trouver une substitution ou bien il peut arriver qu’aucun autre candidat ne soit volontaire ou disponible. On peut avoir recours au recrutement local d’un locuteur natif vivant dans la région sous réserve qu’il ou elle réponde à certains critères :

Ø Etre âgé(e) de moins de 45 ans, ne pas occuper d’emploi

Ø Avoir un niveau universitaire équivalent à bac + 3 années et une bonne maîtrise du français

Ø Avoir le permis de conduire

Ø Motiver sa demande

Les conditions d’emploi sont les mêmes que pour l’assistant remplacé.

b)   L’assistant se décourage et rompt le contrat

Il en a le droit même après la période d’essai d’un mois mais doit pouvoir le justifier (lettre de démission adressée au rectorat).

Dans le cas où le contrat est de 9 mois, on peut parfois remplacer le démissionnaire par un assistant sur contrat 6 ou 7 mois qui arrive en fin de contrat et qui accepte de le compléter jusqu’à 9 mois…

c)   L’assistant ne respecte pas ses devoirs

On peut exceptionnellement rencontrer des difficultés :

- d’assiduité, de retards ou d’absences inexpliqués

- de manque d’implication dans le travail, d’inadaptation aux missions

- de conflits avec les enseignants ou le directeur

Les écoles doivent en référer au CPD-LV dans un premier temps pour tenter une remédiation. Le CPD en informe l’IEN qui pourra estimer la gravité et contacter le responsable académique. En cas de manquements graves avérés, le contrat peut être rompu, une période d’essai d’un mois à compter de la date de prise de fonction est prévue afin de s’assurer que l’assistant est en mesure d’assurer sa mission.