Dossiers pédagogiques:

L’évaluation en ELV

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Évaluer dans le domaine des langues vivantes suppose, comme pour tous les autres domaines, de cerner les objectifs visés pour adopter la démarche la plus adaptée.

 

Pourquoi évaluer ?

 

On évalue en LV parce qu’on est dans le cadre d’un enseignement obligatoire, d’un apprentissage structuré et progressif inscrit dans un parcours continu, et parce que la maîtrise d’une langue étrangère à un niveau défini fait partie du socle commun de connaissances que doit posséder tout jeune français…On évalue donc pour situer les élèves par rapport à un attendu institutionnel.

Qu’évalue-t-on ?

 

C’est le programme de 2002 qui fixe les compétences et connaissances à faire acquérir aux élèves tout au long du cycle 3 et qui donne comme palier de maîtrise à atteindre, le niveau A1 du CECRL décliné en 5 activités langagières.

 

Comment évalue-t-on ?

 

On utilise les mêmes outils que pour les autres disciplines : tests, exercices, et autres items… (Toutefois, l’évaluation de la production orale suppose une organisation spécifique).

Evaluer en ELV va nécessiter des modalités d’évaluation différentes selon que l’on veut évaluer :

(D’autres types d’évaluation sont envisageables : « évaluation diagnostique » en début d’année pour faire le point sur les acquis et repartir sur des bases solides, « évaluation bilan » en fin d’année pour vérifier l’efficacité de l’enseignement…)

 

->Évaluer des connaissances : lexicales, grammaticales et culturelles

Il s’agit de vérifier les acquis lexicaux, fonctionnels ou culturels qui servent de fond aux compétences langagières. On peut l’envisager de façon régulière, sous forme de tests courts avec une appréciation du niveau de réussite qui permettra à l’enseignant d’estimer le degré de rétention et d’assimilation des élèves. Une évaluation normée dans ce domaine n’est pas souhaitable et peut même être un frein à l’apprentissage. [exemples de tests]

->Évaluer des compétences : compréhension orale/écrite, production orale/écrite

On va évaluer le degré de maîtrise d’une notion ou d’une fonction langagière dans un champ de compétence en faisant varier la complexité. On fera ainsi régulièrement des évaluations d’étapes, selon la progression envisagée.

Cette évaluation a un caractère sommatif voire formatif : elle met en lumière ce que l’élève sait faire et ce qu’il ne sait pas encore faire (mais qu’il doit apprendre à faire). Elle doit être communiquée aux parents dans le livret individuel de l’élève. Elle permet aussi à l’enseignant d’ajuster son enseignement, de différencier et de former des groupes de compétences. Mais les exercices sont difficiles à concevoir car ils doivent être très ciblés sur un type d’information. Une banque d'exercices est en préparation sur le site, mais on peut déjà s'inspirer des protocoles A1 pour construire des exercices. Voir évaluation A1 sur ce site.

 

->Évaluer des compétences communicatives : parler avec quelqu’un, parler en continu, comprendre quelqu’un qui parle, lire et écrire en langue étrangère

On se réfère ici au Cadre Européen (CECRL) et à son échelle de compétences.

On peut, sur le principe du DCL (Diplôme de Compétences en Langues), ou d’autres certifications en langues (TOEFL, Cambridge Exams…), faire passer des tests visant à déterminer si le niveau de compétences A1 est atteint…

 

D'autre part, le CECRL préconise l’utilisation d’un outil d’auto-positionnement appelé Portfolio qui permet à l’apprenant de se situer dans le parcours, l’objectif étant d’apprécier soi-même quand on est prêt pour passer les tests de validation ou de certification.

A l’école primaire, il est difficile d’envisager l’autoévaluation sans un étayage par le maître. Toutefois, la pratique du Portfolio étant appelée à se généraliser, on peut essayer une démarche progressive avec des étapes intermédiaires d’évaluation plus « classique », aboutissant, en fin de cycle 3, à un auto-positionnement effectif.

Voici comment les concepteurs de « Mon Premier Portfolio » destiné à l’école primaire ont décliné en 7 sous-compétences la compréhension orale du niveau A1 du Cadre Européen :

 

Descripteur du niveau A1 : "Quand j’écoute, je peux..."  : comprendre des mots familiers et des expressions très courantes au sujet de moi-même, de ma famille et de l'environnement concret et immédiat, si les gens parlent lentement et distinctement.

 

Déclinaison du descripteur dans « Mon Premier Portfolio » (entre parenthèses à quoi cela correspond concrètement)

 

 

 

 

Comprendre des consignes simples (comprendre des mots, des ordres ou des énoncés globalisés)

Comprendre des questions sur l’endroit où j’habite, sur ce que je fais, sur les gens que je connais (comprendre des questions que l’on me pose pour me connaître)

Comprendre le sujet d’une histoire courte ou d’un dialogue (comprendre le sens global d’un propos entendu)

Comprendre la description de quelqu’un, d’une situation, d’un lieu (comprendre des énoncés descriptifs : nombres, couleurs, taille, prépositions…)

Comprendre quelqu’un quand il parle de ce qu’il aime ou ce qu’il n’aime pas (comprendre des énoncés à la 1ère personne)

Comprendre un dialogue simple ou une histoire courte (comprendre un propos de façon plus précise)

Comprendre quelqu’un qui parle de l’école, des vacances, des loisirs (comprendre des énoncés à la 3ème personne singulier ou pluriel)

On voit que certaines des compétences ainsi déclinées correspondent à des compétences que l’on évalue lors des évaluations d’étapes. Il est donc possible de s’en servir pour finaliser l’auto-positionnement : chaque élève peut, sur la base des évaluations qu’il a passées sur les 3 années du cycle, valider la maîtrise de la compétence. L’enseignant aura pour tâche (difficile) d’organiser les évaluations dans cette perspective en pensant à utiliser les mêmes descripteurs que le portfolio dans le repérage des items sur la fiche d’évaluation.

 

En conclusion, l’évaluation en ELV à l’école doit permettre à l’élève (et à ses parents) de savoir où il se situe dans son parcours d’apprentissage d’une langue étrangère dont le palier A2 est exigé par le socle commun. Elle est un outil précieux pour l’enseignant qui s’en sert pour ajuster le rythme et la progression, différencier, remédier.

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