Les Tournois
"Au matin, on entend les trompettes, tambours et flûtes qui sonnent l'appel des tournois et donnent aux chevaliers et aux chevaux le désir de galoper. Avec le comte de Louvain va jouter le meilleur comte qui fut jamais, celui de Toulouse. Ils se donnent de si grands coups sur leurs écus qu'ils les brisent. Ils tranchent les selles. Ils tombent à terre tous deux ensemble. Leurs chevaliers arrivent à la rescousse. On se pousse, on se frappe, on se renverse ; les lances se brisent, les masses tombent et retombent. Les épées se heurtent aux heaumes ; celles-là s'ébrèchent et ceux-ci sont bosselés. Chacun veut montrer comme il est courageux. Un chevalier gagne seize chevaux de Castille tout équipés et leurs maîtres, qui sont faits prisonniers."
Sources : d'après le "Roman de Flamenca", chanson de troubadour du XIIIème siècle.

Le tournoi
"Le terrain choisi, le champ, était une vaste étendue de campagne. Les lices (1) délimitaient des refuges où les combattants avaient le droit, selon les règles du jeu, de se mettre à l'abri pour reprendre haleine, boire un coup. Lorsque l'une des troupes se sentait prête, elle s'avançait vers l'autre : le tournoi était engagé.Le jeu consistait à se lancer sur l'adversaire, férir (2) dans le tas et poindre (3) la lance dressée, ceux de la vague suivante espérant bien que les premiers n'auraient pas tout brisé. Les chevaliers venaient là comme à la guerre, pour ravir des armes, des harnais, des destriers (4) pour ravir des hommes.Guillaume le Maréchal avait plus qu'étourdi un adversaire, lui fendantle heaume et la coiffe ; puis un peu las, il s'était assis tout bonnement, pour qu'on ne lui dérobât pas le vaincu, sur le corps du prisonnier."
G.Duby, Guillaume le Maréchal, Fayard, 1984.
(1).barrières - (2).frapper - (3).charger - (4).chevaux de combat.
| sommaire | seigneurs et chevaliers au moyen âge | |