Comparaison des performances de différentes personnes
Pour remarquer les différences de performance d'un individu à un autre, la méthode la plus simple reste d'étudier les variations du rythme cardiaque de chaque individu. Dans un premier temps, nous préciserons ces différentes valeurs du rythme cardiaque. Ensuite, nous nous en servirons pour comparer la fréquence cardiaque d'un groupe de personnes afin d'évaluer les écarts possibles dans un échantillon de jeunes d'une même classe.
1. La fréquence cardiaque maximale:
Jusqu'à présent le sportif curieux rencontre deux approches de sa fréquence cardiaque maximale (la FCM). Une première, statistique et théorique : la FCM est égale à : 220 moins l'âge de la personne. La deuxième, individualisée et nettement plus performante, consiste à faire un test d'effort et à mesurer en laboratoire les différents paramètres physiologiques. Le sportif amateur a, alors, des indications sur ses capacités physiques et sur les fréquences cardiaques qu'il peut soutenir sans danger.
Test des deux approches sur le même individu:
Guillaume va être cet individu.
Première méthode de calcul de la fréquence cardiaque maximale:
FCM = 220 - âge; FCM = 220 - 16 = 204 pulsations / minutes
Seconde méthode de calcul de la fréquence cardiaque maximale:
A défaut de laboratoire et de matériel permettant d'atteindre la FCM, nous avons utilisé un cardio-fréquencemètre lors d'un effort intense. Au cours d'une compétition de natation, Guillaume a parcouru 50 mètres crawl au maximum de ses possibilités. A peine sorti de l'eau, nous mesurons sa fréquence cardiaque, qui doit être à son maximum. Nous trouvons 202 pulsations / minutes, ce qui est assez proche de la valeur trouvée par la première méthode. Cette valeur est individualisée, car un sportif régulier a une FCM plus faible qu'un individu non sportif.
2. La fréquence cardiaque repos:
Il s'agit de la valeur au repos de la fréquence cardiaque. Pour un résultat satisfaisant, il faut faire la moyenne de plusieurs mesures car nous avons remarqué que des variations peuvent apparaître selon que l'individu soit assis/couché, stressé/décontracté etc... Cette valeur est importante, car chaque individu n'a pas les mêmes caractéristiques cardiaques qu'une autre personne.
C'est à dire que quelqu'un, lors d'un effort, peut avoir un pouls peu élevé tout en forçant autant qu'une personne présentant un pouls plus important pour le même effort. L'écart entre les deux pouls (FCM) restera équivalent à la différence déjà observée entre la FCR des deux mêmes individus.
3. La fréquence cardiaque seuil:
Si l'évaluation de la FCM ou de FCRepos ne pose pas trop de problèmes sur le terrain, le principal obstacle, hors laboratoire, est l'évaluation de la zone de transition aérobie/anaérobie. Comme définition du seuil anaérobie, nous avons pris le moment où la production d'acide lactique va commencer à devenir gênante pour la poursuite de l'exercice, (environ 4mmoles de lactates/l.); ce qui se traduit sur le terrain par l'effort maximum supportable environ une heure. Cette traduction n'a de sens que pour des sportifs assez entraînés qui peuvent endurer un effort intense et long, ce qui n'est pas le cas des élèves de 1ère. Ce seuil a la particularité, tout en étant lié à l'individu, de ne pas avoir de gros écarts de moyenne ( environ de 170 puls/min ) . C'est pour cela que nous n'allons pas en prendre compte dans notre étude de données.
Étude de données :
Observations éffectuées sur un échantillon de 25 personnes :
personne |
sexe |
Sportif |
FCR |
FCM |
Age |
Travail |
1 |
M |
oui |
45 |
162 |
16 |
117 |
2 |
F |
non |
48 |
162 |
16 |
114 |
3 |
F |
oui |
50 |
180 |
15 |
130 |
4 |
F |
oui |
55 |
182 |
18 |
127 |
5 |
F |
oui |
50 |
180 |
16 |
130 |
6 |
M |
oui |
47 |
162 |
16 |
115 |
7 |
M |
oui |
45 |
160 |
16 |
115 |
8 |
F |
non |
55 |
180 |
16 |
125 |
9 |
M |
non |
45 |
164 |
17 |
119 |
10 |
F |
non |
50 |
164 |
17 |
114 |
11 |
F |
non |
52 |
180 |
16 |
128 |
12 |
F |
non |
56 |
192 |
18 |
136 |
13 |
F |
oui |
44 |
162 |
16 |
118 |
14 |
M |
non |
45 |
160 |
16 |
115 |
15 |
M |
oui |
58 |
204 |
16 |
146 |
16 |
F |
non |
46 |
160 |
17 |
114 |
17 |
F |
non |
55 |
192 |
16 |
137 |
18 |
F |
non |
42 |
156 |
16 |
114 |
19 |
M |
oui |
50 |
168 |
15 |
118 |
20 |
M |
oui |
45 |
152 |
16 |
107 |
21 |
M |
oui |
48 |
160 |
16 |
112 |
22 |
M |
oui |
60 |
200 |
16 |
140 |
23 |
F |
oui |
55 |
172 |
18 |
117 |
24 |
M |
non |
52 |
180 |
16 |
128 |
25 |
M |
non |
40 |
152 |
16 |
112 |

Nous remarquons une correspondance entre la FCR et la FCM. En effet, plus la fréquence cardiaque d'un individu au repos est élevée plus la fréquence cardiaque maximum est élevée, et inversement. Cela veut dire qu'une personne lors d'un effort peut avoir un pouls bas mais travailler plus qu'un individu ayant un pouls plus élevé lors du même effort. La valeur la plus importante est la différence entre la FCR et la FCM. Nous étudions pour cela la colonne "travail" et notons que la personne 15 a forcé le plus.

Nous constatons que la majorité des individus n'ont pas pris le test au sérieux et que l'écart d'âge n'est pas assez important. Nous ne pouvons pas prouver que l'âge fait varier la fréquence cardiaque maximale. Avec de bonnes données, nous remarquerions que plus l'âge est élevé, plus la FCM est basse.

Nous calculons la moyenne de pulsations des femmes et celle des hommes : Moyenne à ( somme de FCM ) / ( effectif total )
Femme : Moyenne à 2262 / 13 = 174 puls/min
Homme : Moyenne à 2024 / 12 = 169 puls/min
Nous observons que les femmes ont des pulsations plus élevées que les hommes.

Nous calculons le pourcentage d'élèves pratiquant un sport hors du lycée :
Fréquence en pourcentage à(effectif de sportifs / effectif total ) x 100
Pourcentage de sportifs à ( 13 / 25 ) x 100 = 52 % des élèves pratiquent un sport, donc 48 % sont non-sportifs.
Avec des données plus rigoureuses, nous aurions observé que les sportifs réguliers peuvent travailler dans des filières plus élevées que les personnes non-sportives.
Nous remarquons que les deux valeurs de FCM les plus hautes sont atteintes par des sportifs.
Conclusion :
Si l'enquête donne l'impression que le comportement en fréquences est similaire chez tous les individus, la diversité est pourtant bien présente. Un sportif entraîné peut jouer de toute la gamme de fréquences (de 45 à 200 environ) alors que l'individu non-sportif se contentera d'une échelle plus réduite (70 à 170 environ). La pratique sportive régulière permet de conserver année après année une gamme de fréquence très étendue. L'étude des variations de fréquence cardiaque peut permettre de guider les sportifs dans leur progression. Dans le premier cas, elle peut aider à éviter les efforts nuisibles pour l'organisme et dans le second favoriser une pratique optimale entre plaisir et compétition. Pour les sportifs de niveau élevé l'usage du cardio-fréquencemètre est déjà rentré dans les murs pour optimiser les performances. Il faut souhaiter que les médecins et entraîneurs chargés de donner du sens à tous ces chiffres produits par les cardio-fréquencemètres le fassent sans oublier que derrière les chiffres il y a des hommes et des femmes, et que la recherche de performance à tous prix peut être dangereuse.