
A priori, rien ne prédispose le sport et l'usage de drogues à se rencontrer. Ces deux notions semblent contradictoires. Pour beaucoup, l'usage de drogues est synonyme d'aliénation et d'échec alors que le sport signifie maîtrise de son corps, dépassement de soi, puissance et réussite. Mais les récentes affaires de dopage, les révélations sur les pratiques médico-sportives, la présence d'une proportion importante d'anciens sportifs de haut niveau dans des centres de prise en charge d'usagers de drogues montrent que le sport actuel court un grave danger.
Le "sport-spectacle", le culte de la performance, la réussite à tous prix pousseraient-ils les sportifs de haut niveau à utiliser des produits dopants et ainsi voir s'éloigner leurs performances réelles ?
| 1.Définition |
Le dopage consiste à employer des substances interdites (anabolisants,érythropoïnétine etc ) , destinées à accroître artificiellement les capacités physiques de l'individu. L'usage illicite de produits dopants par des sportifs, pour augmenter leurs performances physiques est condamné par des " lois antidopage ". La transgression de celles-ci entraîne des sanctions, la principale étant l'annulation du résultat obtenu et l'exclusion temporaire ou définitive des compétitions. Pourtant, les conséquences du dopage sur l'organisme devraient être dissuasives à elles seules sans nécessiter des lois.
| 2.Substances et méthodes interdites |
Les substances dopantes et les méthodes de dopage interdites figurent sur une liste qui répond à une double préoccupation de protection de la santé des sportifs dune part, de lesprit et de léthique sportifs, dautre part.
La liste comprend les classes des substances et les méthodes strictement interdites, ainsi que les classes des substances soumises à certaines restrictions en fonction notamment du règlement de lautorité responsable.
Stimulants : ils agissent sur le système nerveux central et favorisent l'état de vigilance (amphétamine, éphédrine, caféine et cocaïne en sont des exemples).
Analgésiques centraux et narcotiques : ils effacent les signaux d'alerte périphériques comme la douleur et possèdent une action neurologique centrale (morphine et dérivés par exemple). Le cannabis appartient à cette classe et est de ce fait interdit en France comme par la plupart des fédérations.
Glucocorticoïdes : naturels (Cortisol) ou de synthèse, ils diminuent la douleur et l'inflammation et sont euphorisants. Ils sont interdits par voie générale (orale, rectale, injection intraveineuse et intramusculaire). Ils sont autorisés localement (gouttes auriculaires, gouttes nasales, collyres, pommades, inhalations ainsi que par voie anale ). En revanche, leur utilisation sous forme dinjections locales et intra-articulaires peut nécessiter une notification préalable du médecin, si le règlement dune autorité responsable le prévoit.
Stéroïdes androgènes et autres anabolisants : ils augmentent la masse musculaire mais aussi l'agressivité. La testostérone et ses dérivés synthétiques sont les représentants majeurs de cette classe.
Hormones peptidiques et assimilées : véritables messagers physiologiques, elles possèdent un système d'autorégulation à l'intérieur de l'organisme, afin de respecter l'équilibre hormonal (GH, HCG, EPO, ACTH par exemple).
Diurétiques : ils augmentent le débit urinaire.
Le dopage sanguin, les manipulations physiques et chimiques sont rigoureusement interdits.
Bêta bloquants : ils diminuent la fréquence cardiaque et le stress.
Anesthésiques locaux : ils sont autorisés (sauf la cocaïne), uniquement sous forme dinjections locales et intra-articulaires, seuls ou en association avec des agents vasoconstricteurs, sous réserve d'une justification médicale mentionnant le diagnostic.
Bêta 2 mimétiques : ils sont tous interdits sauf le formotérol, le salbutamol, le salmétérol et la terbutaline exclusivement sous forme d'inhalation avec une notification médicale préalable.
| 3.Dangerosité et effet des substances sur l'organisme |
Les risques pour la santé sont nombreux. Ils sont liés aux produits eux-mêmes car tout médicament, même utilisé pour se soigner, présente des effets secondaires que le médecin doit contrôler. Les produits utilisés à des doses anormales ou pendant de longues périodes entraînent obligatoirement des effets indésirables et incontrôlables.
Les associations de plusieurs produits augmentent considérablement les risques
d'effets néfastes. La prise de produits hormonaux est la plus dangereuse car elle
perturbe les régulations physiologiques naturelles de l'organisme.
Au-delà des effets toxiques liés directement aux produits et qui peuvent apparaître
immédiatement ou de façon retardée, il existe aussi des risques psychologiques. En
effet, prendre l'habitude de consommer des produits licites ou illicites pour réaliser
son sport préféré peut conduire à terme à une dépendance. Cet engrenage s'appelle
"conduite addictive". Quand cette addiction est forte elle peut entraîner le
sportif vers d'autres comportements de dépendance, comme les toxicomanies, et l'arrêt de
la pratique sportive.
L'utilisation des substances dopantes n'est donc pas sans danger pour le sportif. Certains
produits (cocaïne, ecstasy, héroïne, etc.) entraînent une grande dépendance physique
et / ou psychique chez le consommateur. D'autres substances comme les médicaments (EPO,
hormone de croissance, insuline) entraînent des effets secondaires négatifs pour
l'organisme.
Exemples des effets de quelques produits sur l'organisme:
Stimulants : ils agissent sur le système nerveux central et favorisent l'état de vigilance (amphétamine, éphédrine, caféine et cocaïne en sont des exemples).
Stéroïdes androgènes et autres anabolisants : Ils ont des effets masculinisant chez la femme (virilisation) et peuvent entraîner des troubles de la libido, de lagressivité, des ruptures tendineuses, etc.
Hormones peptidiques et assimilées : Leur utilisation entraîne une dérégulation physiologique interne avec des conséquences à court et long terme. Par exemple, les effets secondaires de lEPO sont la survenue daccidents cérébraux, dhypertension artérielle, dembolies pulmonaires, etc.
Corticoïdes : Leur utilisation entraîne une fragilité des tendons et des muscles, des troubles cardiovasculaires, des ulcères, etc.
| Conclusion: |
Le dopage est devenu un réel problème du sport moderne. Aussi, il est impératif dinformer les sportifs sur les risques liés à la prise de substances dopantes. Avec l'apparition de ce fléau, de nombreuses associations de lutte anti-dopage se sont créées. Ces associations visent avant tout à protéger la santé des sportifs. En effet, il sagit de prévenir les athlètes des dangers quils encourent, à court, moyen et long terme, quant à la prise de produits dopants. De plus, cette lutte tend à préserver une certaine éthique sportive. Le sport véhicule en effet, des valeurs morales, culturelles et sociales. Cest un outil déducation, de socialisation et dintégration. Toutes les raisons qui poussent le sportif à se doper, vont à lencontre des valeurs éthiques véhiculées par le sport qui doit garantir une chance de réussite égale pour tous. Le sport doit redevenir un sport " propre ". Chaque individu a ses propres capacités et cela n'apporte rien de tenter de les améliorer artificiellement. Comme l'a dit David Douillet : " Tricher dans le sport c'est tricher avec soi même".