LUIS FAIT LA UNE


Luis a ravagé Saint-Martin
(Le Populaire du Centre
Édition du 7 septembre 1995)

Au moins un millier de personnes étaient estimées sans abri, hier à la mi-journée, dans la partie française de l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin, qui compte un mort et un disparu après le passage du cyclone. "L'île est totalement méconnaissable, la majorité des habitations a eu, au minimum, la toiture enlevée, des cargos se trouvent à terre sèche, les quartiers haïtiens ont totalement disparu, la marina n'existe plus, certains grands hôtels sont pratiquement rasés, tous les bateaux à flot ont coulé ou ont été projetés sur le rivage : la situation est catastrophique", telle était la vision d'un major de gendarmerie de Saint-Martin, quelques heures après le passage.
Une vision qui résume à elle seule la plupart des témoignages sur la situation dans l'île binationale, encore soumise, hier à la mi-journée -tout comme Saint-Barthélémy, sa voisine- à des conditions de tempête qui y interdisent tout accès par air ou par mer et qui rendent encore difficile une estimation précise des dégâts réels.

Casseroles et frigos
S'y ajoute l'état des routes coupées pour la plupart par des arbres abattus ou par des amoncellements de gravats. Selon le sous-préfet, Antoine Pichon, "on trouve de tout sur les routes coupées : des casseroles, des branchages, des buffets ou des réfrigérateurs, car l'intensité des vents était telle que tout a été emporté". "Même les nouveaux immeubles, construits il y a moins de cinq ans ont perdu leurs toits", affirme le maire de Saint-Martin, Albert Fleming. "Il y a ici d'immenses dégats matériels", affirme-t-il, en se félicitant que grâce à l'information et aux mesures de sécurité,il n'y ait pas eu de blessés graves. "La première urgence, estime Albert Fleming, c'est d'aider à reconstruire les toitures, ensuite c'est d'aider les 5000 Haïtiens qui vivent ici à se reloger dans de meilleures conditions que dans les baraques où ils habitaient et qui été détruites".

Les ravages de Luis
(Le Populaire du Centre
Le 8 septembre 1995)

L'ouragan Luis, le plus meurtrier de la saison dans les Caraïbes, s'éloignait hier des Antilles où il a fait au moins 11 morts et 2 disparus en dévastant plusieurs îles des Caraïbes, tandis que commençait l'acheminement des premiers secours et l'évaluation des dégâts. Selon les premières évaluations, des centaines d'habitants se trouvent sans abri et les dévastations provoquées sur plusieurs îles sont considérables, notamment sur l'île franco-néerlandaise Saint-Martin mais aussi à Antigua et Barbuda, ancienne possession britannique des Petites Antilles. Huit personnes ont trouvé la mort sur l'île de Saint-Martin,dont sept dans la partie néerlandaise où l'on compte également deux disparus. A Porto Rico, l'ouragan a fait deux morts et un autre en Guadeloupe.

"Train du ciel"
Le ministère du Logement a annoncé l'octroi d'une aide d'urgence de 25 millions de francs pour faire face aux premiers besoins de logements d'urgence. L'acheminement des secours, en vivres et matériels de première urgence, vers les îles de Saint-Barthélémy et Saint-Martin sinistrées est "entrée dans sa phase active", selon la préfecture de la Guadeloupe. Trois bâtiments de la Marine nationale ont été mis à contribution et un véritable train du ciel faisant appel àdes hélicoptères et à des avions militaires et civils réquisitionnés ont commencé à quitter Pointe-à-Pitre. Hier, l'ouragan Luis se trouvait au Nord de l'île de Porto Rico, se déplaçant vers le nord-ouest avec une vitesse de 200 km/h, a indiqué le service météorologique américain.


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