10 mai 2001, J-B Robert reçoit au lycée de La Souterraine le titre de Juste parmi les Nations

 

10 mai 2001, J-B Robert reçoit, à titre posthume, le titre de Juste parmi les Nations.


Des échos de la cérémonie

Photographies du Petit Marchois

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L'assistance sur les marches du lycée

Elèves d'hier et d'aujourd'hui rassemblés autour de la plaque qui commémore l'action de J-B Robert. Une partie de la nombreuse assistance à la cérémonie
Le hall durant la cérémonie Discours
Près de deux cents personnes présents dans le hall

Apolline Auclerc et Amélie Delpeuch (1ere S1) prononçant l'éloge de J-B Robert.

Fréderic Robert a reçu pour son grand-père (décédé en 1952) la médaille de Juste parmi les Nations. Cette médaille a été laissée à la garde de l'établissement.

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Le discours prononcé par Madame Kerjan, Rectrice de L'Académie de Limoges


"La solennité particulière de cette cérémonie confère une charge symbolique et émotionnelle intense aux paroles que l'on peut prononcer ; aussi vais-je m'en tenir à une seule notion, essentielle, celle de l'exemple, de l'exemple modeste qui est le pilier central et implicite de l'acte d'éduquer.

Toute communauté humaine propose en effet à ses membres, et plus particulièrement à ceux qu'elle intègre progressivement en son sein, un code de valeurs, un modèle de comportements et de pensées, une représentation du monde. Sa perpétuation dans le temps et sa résistance à l'érosion continue des événements historiques en dépend. Mais cette intégration des nouvelles générations par une culture commune faite d'élans, de rêves mais aussi de deuils ne va pas sans une certaine coercition, chargée d'extirper de la nature humaine la sauvagerie intrinsèque qu'elle contient. La séduction des valeurs, le conditionnement juvénile précoce ou l'aspiration à l'harmonie des relations sociales recherchées par tous sont certes des moyens sinon des chemins indispensables pour l'impétrant au genre humain.

Mais ces conditions nécessaires se doivent d'être concrètement incarnées dans leur réalité même, rendues vivantes et ostensiblement appliquées comme preuve de leur existence authentique. Et le moment le plus intense durant lequel l'idéal moral prend chair est certainement celui où il entre en contradiction avec la conformité sociale, la lettre de la loi et la relative passivité obéissante à laquelle elle invite parfois à l'excès. La tragédie antique, avec la figure d'Antigone, bien connue du professeur de lettres qu'était Monsieur ROBERT, a porté à sa perfection l'expression de ce conflit, de cet éclat de vie morale naissant du choc de la vertu contre le pouvoir et la loi. Et si précisément la vertu peut montrer, malgré les déchirements et les dangers terribles qu'elle fait subir à qui la sert, qu'elle sait faire valoir son intérêt supérieur, alors la possibilité même de la justice et de la vie sociale est ainsi, chaque fois, refondée. Le paradoxe n'est qu'apparent : en désobéissant au droit humain au nom d'une justice transcendante, l'homme vraiment juste rappelle par cet acte qu'il ne peut exister de justice humaine qui ne soit fondée sur un idéal qui la dépasse infiniment, et dont elle dépend entièrement dans son existence comme dans son exercice.

Mme Kerjan, Rectrice de L'Académie de Limoges

Ainsi la juste désobéissance, la prise de distance, apparaissent comme des exemples remarquables de ce que doit être l'essence même de l'éducation : non le conditionnement en vue d'une répétition infinie, mais la prise en charge active, responsable et respectueuse de ce qui nous a été confié par nos aînés. Monsieur Jean-Baptiste ROBERT a su être ce serviteur de l'idée même de justice à une époque où la légalité humaine s'égarait dans l'obscurité et la barbarie. Son attitude doit montrer à toutes les générations contemporaines que la justice se cherche constamment en ouvrant toujours et tout grands les yeux du cœur et de l'intelligence, et qu'une Ecole reconnaissant en chaque élève la potentialité d'un être moral autonome doit aussi lui apprendre à savoir à bon escient désobéir.

La tradition monothéiste et les religions du Livre enseignent que l'homme retourne après sa mort au néant et à la poussière originelle dont il est issu. Elles rappellent aussi que le Juste en est l'exception puisqu'il demeure dans le souvenir des hommes, et quand bien même le temps effacerait les signes sur la pierre, et sur la plaque d'aujourd'hui, il demeure pour l'éternité dans la mémoire de Dieu. Quant à nous, nous confions néanmoins à nos descendants, à nos successeurs, pour le sens que cela donne aux valeurs en lesquelles nous croyons, le nom et le souvenir de Jean-Baptiste ROBERT, qui eut le courage de donner à son passage sur Terre un reflet d'éternité.

Mesdames et messieurs, l'Education Nationale - l'académie de Limoges tout particulièrement - est fière de compter des Justes dans ses rangs."


Réalisation : Lycée Raymond Loewy - 23300 - La Souterraine - France