La famille Pinet

 

Un exemple de sauveteurs "ordinaires", la famille Pinet à La Chaise-Gonot (Fresselines)

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Lucienne Pinet

Lucienne et René Pinet, agriculteurs, vont de 1942 à la fin de la guerre héberger Annette Szwarberg-Thau et sa soeur ainée Berthe.

D’origine polonaise, les parents des deux petites filles sont arrivés en France dans les années 30. Leur père, coiffeur à Paris, a été interné en 1941 à Pithiviers. Gravement malade il a pu s’en échapper. Avec de faux papiers, la famille se réfugie en 1942 dans la Creuse à Sainte-Feyre, où naît un garçon. Avec trois enfants en bas âge, se cacher, fuir pour éviter une arrestation devient difficile.

Mis en relation par Mme Cécile Gros, de Chanteloube, les parents décident de confier leurs filles à la famille Pinet.

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René Pinet (au centre, en chemise claire et béret)

Rejoindre La Chaise-Gonot, à 50 km environ, est une véritable expédition qui démontre le grand isolement de la Creuse à l'époque. Le train de Guéret à Aigurande, puis un chauffeur de l'entreprise Guillon les conduit en camion jusqu'à Lourdoueix-Saint-Pierre, enfin le trajet - épuisant pour les deux enfants - se termine à pied jusqu'à La Chaise.

Le couple Pinet héberge Annette et sa sœur Berthe, sous le nom de Germond, jusqu’à la fin de la guerre en sachant pertinemment qu’elles étaient juives. Elles sont un peu devenues les filles adoptives de ce couple, à l'époque sans enfant.

Un garçon plus âgé, Paul Celik ou Sélik était aussi  réfugié chez les Pinet. Etait-il dans la même situation que les deux soeurs ?

Les Pinet étaient des agriculteurs creusois ordinaires. Il n’avaient pas d’engagements philosophique, religieux ou politique marqués. Ils n’étaient pas membres actifs de réseaux de résistance, même si, étant la seule famille du village à posséder un poste de radio, les résistants venaient le soir chez eux écouter les messages de la BBC.


Garder une mémoire des lieux...


Sans descendants directs, la famille Pinet a disparu. M. Giraud, un voisin, compagnon de jeux de Berthe et d'Annette durant la guerre et aujourd'hui ébéniste en retraite a voulu empêcher que leur souvenir ne tombe dans l'oubli. Il a restauré la maison qui tombait en ruine et reconstitué, à partir des originaux, le décor intérieur de l'époque.

Ci-dessus, la maison de la famille Pinet, aujourd'hui restaurée. En haut, à droite, le poste de radio qui permettait d'écouter radio Londres. A droite, la pièce principale autour de la cheminée, avec le lit où dormait la grand-mère. 


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