La maison israélite de refuge pour lenfance.
Le journal de Louis Aron.
Le refuge israélite de Neuilly
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Créé en 1866, il est destiné, à lorigine, à accueillir des jeunes filles "mises en correction ", des orphelines ou des enfants naturelles. Cette institution, à caractère religieux, est financée par des donateurs. De Neuilly, le refuge est amené à déménager en Creuse en 1939. Louis Aron, le directeur, assisté de son personnel dencadrement, continue malgré les circonstances exceptionnelles de remplir la tâche assignée : éduquer, instruire et protéger une centaine de filles israélites, âgées de 5 à 20 ans. Le refuge est dabord situé à Crocq daoût 1939 à août 1942 puis déménage à Chaumont (près de Mainsat) jusquà la fin de la guerre. |
Louis Aron : un héros ordinaire...
| Né à la Rochelle en 1888, licencié es-sciences, combattant courageux lors de la première guerre mondiale (il obtient plusieurs médailles dont la Légion dhonneur). Il dirige de 1939 à 1946 La Maison du Refuge pour lEnfance. Son épouse Yvonne laide durant cette période à accomplir une tâche exténuante. Après la guerre il exerça différents emplois : correcteur dimprimerie, employé à lINSEE. Louis Aron est décédé en 1987.Ci-contre, une de ses fausses cartes d'identité. | ![]() |
Chaque jour ou presque, dAoût 1939 à Octobre 1944, Louis Aron écrit. Il est très occupé mais il sastreint à rendre compte de la façon dont il accomplit la tâche qui lui est confiée. Il évite les états dâme : il introduit même une distance avec lui-même en parlant de "la Direction " ou "du Directeur ". Limportant cest de témoigner. Il consigne le quotidien : tout ce qui a trait à son travail est noté. Ce document est exceptionnel pour plusieurs raisons. Tout dabord, il nexiste semble-t-il pas déquivalent pour les autres maisons denfants juifs en France. Il sagit aussi dune source de renseignements extrêmement riche sur la vie ordinaire dans un endroit rural durant cette période. De ce journal émerge enfin le portrait dun homme attachant et au comportement exemplaire.
Louis Aron se décrit lui-même comme le capitaine dun navire en danger, pris dans une tempête, et qui souhaite amener le bateau à bon port. Il évoque peu les événements historiques importants qui se déroulent à lextérieur des murs : il note au passage lavancée de lArmée Rouge ou le Débarquement.
Il consigne tout ce qui est essentiel pour son travail. Il évoque la neige qui, en hiver, rend les déplacements, le chauffage ou lapprovisionnement plus difficiles et la sécheresse qui, lété, assèche le puits
Il relate la difficulté de se procurer, quotidiennement, la nourriture nécessaire pour un groupe de plus de cent personnes ou celle de trouver un oculiste ou un dentiste...
Un groupe d'enfants à Chaumont. |
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Louis Aron est très conscient du danger qui guette et il ne ménage pas sa peine pour accomplir à pied des distances importantes. Il sefforce de distraire et déduquer des enfants parfois peu conscientes du danger. Au fil des pages il apparaît comme un personnage extrêmement exigeant et accablé de travail, ce qui lamène parfois à émettre des jugements très tranchés sur des personnes ou des institutions.
La maison continue de fonctionner durant toute la guerre, seule en Creuse à le faire. Le navire arrivera à bon port, aucune enfant placée sous sa garde ne sera déportée.
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Colette Lévy et Louise Wolinski dans "Le Malade Imaginaire"
La photo est prise sur le perron du château de Chaumont. |
Il sagit dun beau livre : illustrations, mise en page. Dans la préface, Serge Klarsfeld rend un hommage mérité à Louis Aron et replace lépisode dans un contexte plus général. Le plaisir de lecture est réel malgré certains thèmes répétitifs. On sindigne avec "le Directeur " devant certains coups bas de sympathisants de Vichy, on sinquiète parfois, et on sourit aussi, malgré le contexte grave, des soucis causés par des "grandes de vingt ans " à la "Direction " qui rapporte certains épisodes avec humour...
Toutes les photographies proviennent du "Journal de Louis Aron", dont les références précises sont citées dans l'annexe bibliographique et reproduites avec l'autorisation de S. Klarsfeld.
Réalisation : Lycée Raymond Loewy - 23300 - La Souterraine - France