Photo de classe à Chabannes...


Pourquoi Chabannes ?


La Creuse était le département le plus déchristianisé de France et tout spécialement sa partie ouest. Il se peut que l'absence de préjugé religieux ait permis une meilleure insertion des Juifs dans la population.

Un jour d'octobre 1939, Félix Chevrier vint à Chabannes : le château alors abandonné pouvait-il être restauré afin d'héberger des enfants juifs ? Dix-huit mois de travaux étaient prévus mais seulement deux mois plus tard, des enfants venant notamment de Berlin, de Varsovie et de Paris furent accueillis.


Les enfants dans l'école.


En 1942, cent deux enfants juifs étaient hébergés à Chabannes ; en 1943, ils y étaient cent vingt.

Ces enfants étaient répartis dans deux écoles différentes :

A Fursac, l'insertion des enfants juifs fut bonne. Les élèves originaires de la Creuse savaient que leurs camarades étaient juifs mais ce mot n'avait aucune signification pour eux. Ils n'ignoraient pas non plus que la plupart vivaient sans leurs parents. Pour eux, il s'agissait "d'enfants comme les autres enfants".

Chez les plus jeunes, l'insertion fut plus difficile. Dans un premier temps scolarisés à l'école de Chabannes, ils se mêlèrent peu aux autres élèves : la plupart ignoraient notre langue et tous, hébergés au château, se connaissaient déjà. La guerre durant, comme l'arrivée des réfugiés doublait le nombre d'élèves, une troisième école fut installée dans le château.

Le 13 avril 1942, Renée Paillassou, la directrice de l'école primaire de Chabannes, fut convoquée chez l'Inspecteur d'Académie. Elle avait été dénoncée par son meilleur ami qui la soupçonnait de manifester quelques sympathies pour les enfants juifs. Elle fut renvoyée de son poste. En outre, l'administration décida que tous les élèves juifs devraient désormais suivre les cours au château et être ainsi séparés de leurs camarades.

 


L'attitude du village de Chabannes lors des rafles.


Deux rafles d'enfants se sont déroulées à Chabannes mais une seule a fait des victimes :


Que sont devenus les enfants et leurs instituteurs ?


Aujourd'hui les enfants de Chabannes sont dispersés dans le monde entier. Beaucoup sont à la retraite après avoir réussi les brillantes carrières professionnelles que promettaient, déjà, leurs très bons résultats scolaires dans une école publique qui accueillit sans discrimination ces exclus et ces pourchassés.

Félix Chevrier est mort en 1962, dans l'anonymat. Son action pour le sauvetage des enfants juifs ne sera dévoilée que des années plus tard.

Les sœurs Paillassou ont été consacrées "Juste parmi les Nations" en mars 1983 et ont reçu une médaille. Un arbre porte leurs noms dans une allée du Mont des Souvenirs, à Jérusalem.

En mai 1996, des retrouvailles ont été organisées à Chabannes. Elles furent l'occasion de réunir à nouveau les anciens camarades et leurs institutrices. Beaucoup d'entre eux n'étaient pas revenus à Chabannes depuis l'automne 1943.

 Aurore AUDOINAUD

Élève de Terminale S, au Lycée R. LOEWY de la Souterraine


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