Le réseau Garel
Cacher les enfants
L'O.S.E. est une organisation officielle et les pouvoirs publics n'ignorent rien de ce qu'elle fait.
A partir d'août 1942, rafles et arrestations se multipliant en zone non-occupée, les responsables de l'O.S.E. comprennent que les maisons, de havre de protection, peuvent devenir des pièges. La gendarmerie perquisitionne certaines maisons d'accueil, comme le château du Masgelier en Creuse, et arrête des enfants de nationalité étrangère.
| Les dirigeants de l'O.S.E. décident alors de mettre en place une
structure clandestine qu'ils confient à Georges Garel , un résistant
lyonnais. Le réseau Garel se fixe comme objectif de vider progressivement les maisons de l'O.S.E. et de cacher les enfants parmi les non juifs, les soustrayant ainsi à la déportation. |
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Pour cela, il faut :
Le réseau Garel en Limousin...
Une femme, Vivette Samuel, est chargée du démantèlement des maisons d'enfants du Limousin. En mars 1943, elle s'installe à Limoges avec son mari. Des faits qu'elle évoquera dans son livre autobiographique "Sauver les enfants", pages 107-131.
La création du réseau Garel n'entraîne pas la fermeture immédiate de toutes les maisons de l'OSE, mais leur rôle évolue. Il ne s'agit plus d'assurer aux enfants un hébergement de longue durée, mais de les accueillir provisoirement avant de les cacher.
C'est ainsi que les enfants qui vivent dans les maisons de la Creuse sont progressivement placés, sous de fausses identités, dans des familles d'accueil ou dans les différents collèges du département : La Souterraine, Bourganeuf, Guéret... Une étape pour certains avant de partir pour la Suisse.
"Pauline" Gaudefroy...
Ils reçoivent régulièrement la visite d'une jeune femme, Renée Gaudefroy, connue sous le pseudonyme de "Pauline". Née à Paris, en 1916, cette infirmière militaire, catholique, est entrée dans le circuit Garel par l'intermédiaire d'une amie juive. Elle devient responsable du secteur de la Haute-Vienne. Une vraie catholique, pouvant présenter aux Allemands un acte de baptême, échappe plus facilement à la Gestapo qu'une juive pourvue de fausses pièces d'identité.
Son dévouement envers les enfants est total. Les témoins l'affirment : "Pauline parlait aux enfants comme si c'étaient les siens, elle disait mes enfants."
"Le jeudi après-midi, à La Souterraine, elle était notre correspondante et nous emmenait en promenade", racontent Pierre Wormus et M. Kujarsky, alors pensionnaires au lycée.
Elle déplace un enfant en danger lorsqu'elle est arrêtée dans la rue, à Limoges, le 1er juin 1944, par des membres du P.P.F., collaborateurs français de la Gestapo. A l'enfant, elle murmure à l'oreille l'adresse d'une amie catholique qui la soutient dans son travail. Le garçon déguerpit sans se retourner, sauvé...
Horriblement torturée dans le local de la Gestapo, elle parvient à s'enfuir mais connaîtra, par la suite, un destin tragique. Fusillée, son corps ne sera jamais retrouvé.
En 1976, elle a reçu, à titre posthume, la médaille de Juste parmi les Nations.
Les institutrices de l'école de Chabannes, Irène et Renée Paillassou ont aussi reçu cette distinction.
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