André Lelong fut élève au cours complémentaire de St-Pierre-de-Fursac en 1942-43
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Le 24 juin 1942, je passais mon certificat détudes. En principe mes études étaient terminées. Ma mère décida de me faire continuer une année de plus au cours complémentaire de St-Pierre-de-Fursac où il existait deux classes, un peu comme une 6ème et une 5ème de nos jours. Ces deux classes étaient dirigées par M et Mme Depomme et M Gardet assurait les cours danglais. |
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La classe de 6ème se composait de 31 élèves. Parmi ces élèves, 7 étaient juifs et venaient du château de Chabannes après avoir obtenu leur certificat détudes. |
A lépoque, pour nous, cétaient des réfugiés, dont les parents étaient retenus en Allemagne dans des camps, comme étaient retenus la plupart de nos pères qui étaient prisonniers de guerre.
La classe, pendant cette année 42/43, sest déroulée, dans le même état desprit que les années précédentes. Il ny avait entre nous aucun problème. Cétaient des camarades de jeux parfaits. Je nai aucun souvenir de propos ou remarques racistes. En classe, la plupart étaient de très bons élèves, toujours parmi les meilleurs.
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De gauche à droite : Georges Löffler (d'origine hongroise), Norbert Bikalès (d'origine polonaise, né à Berlin), Michel Razimowski (d'origine russe), Madeleine Bosramier (Fursac), Madeleine Basset (Fursac), Anatole Zilberstein (d'origine polonaise). |
A la rentrée 1943-1944, je suis retourné pour quelques semaines encore à Fursac mais les enfants juifs nétaient plus là.
La fin de la guerre est arrivée et en même temps la découverte de lhorreur des camps de concentration et le lourd tribut que le peuple juif avait payé.
Le souvenir de mes camarades de lécole de Fursac mest immédiatement revenu. Quétaient-ils devenus ? Avaient-ils pu échapper à la mort ? Le temps a passé mais jamais je ne les avais oubliés. Aussi, même 53 ans après, lorsque la municipalité de Fursac avec le concours de lO.S.E. a décidé la cérémonie et la pose dune plaque souvenir, je nai eu aucun mal à les identifier sur la photo du groupe scolaire.
Les retrouvailles à la gare de La Souterraine en 1996 ont été un grand moment démotion. Jai eu la chance de retrouver trois camarades et davoir des nouvelles de quelques autres. Jai fait la connaissance dIrène et Renée Paillassou, les institutrices de Chabannes. Sans leur action, sans celle du directeur Félix Chevrier, sans celle de tout le personnel dencadrement, sans les habitants de Chabannes, les enfants auraient sûrement connu un destin tragique.
Il ne faut pas oublier le passé. Le racisme est toujours là qui rôde. Comme la dit Bertolt Brecht, « le ventre de la bête immonde est toujours fécond ». Alors, veillons, veillons.
André Lelong, Lettre manuscrite, Janvier 1998
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