Deux statuts juifs durant l'Occupation
Un premier statut dès octobre 1940
Le "statut des Juifs" est fixé une première fois par la loi datée du 3 octobre 1940. Préparée en Conseil des Ministres, elle est signée par le chef de l'État français et par plusieurs des membres du gouvernement (il n'y a plus de Parlement pour discuter les textes législatifs), et, enfin, publiée au Journal Officiel du 18. La loi compte 10 articles, mais elle s'articule autour de deux thèmes essentiels :
- La "définition du Juif" selon des critères raciaux : "toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race si son conjoint lui-même est juif".
- L'exclusion, sauf exception pour services rendus à l'État ou pour titres militaires, au nom d'une théorie fumeuse de "l'antisémitisme d'État" qui prétend limiter l'influence ou "l'expansionnisme" juif des postes de direction dans l'administration, la justice, la police, l'armée, la presse, le cinéma et la radio, ainsi que de tous les postes dans l'enseignement.
Le second statut de juin 1941
Ce premier statut est remplacé par la loi du 2 juin 1941 qui reprend les mêmes points, mais en les aggravant :
- La "définition du Juif" est étendue. Aux critères précédents, qui sont maintenus, on ajoute maintenant des critères religieux. Outre ceux qui sont juifs d'après la loi de 1940, est considéré comme juif "celui ou celle qui appartient à la religion juive, ou y appartenait le 25 juin 1940, et qui est issu de deux grands-parents de race juive".
- De même, la liste des carrières et professions dont ils sont exclus s'allonge : les exemptions pour "mérites particuliers" n'existent plus pour les postes de direction et sont limitées aux emplois subalternes dans la fonction publique. Les Juifs sont totalement éliminés des médias, ainsi que d'une série de professions qui vont de la banque au "commerce de grains, de céréales, de chevaux, de bestiaux".
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