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| En général, on ne se mariait pas au mois de Mai car c'était le mois de
la Vierge, pendant la période du Carême ou de l' Avent (les quatre semaines avant
Noël). Dans les régions d'immigration temporaire, on se mariait pendant l'hiver. De
plus, la tradition voulait que le mariage se fasse un mardi (le plus souvent) ou un
autre jour de la semaine excepté le vendredi (jour où le Christ a été crucifié) et le
samedi. Le mariage était un jour de fête traditionnelle, un jour important dans la vie d'un village car c'est le symbole de la fécondité, par lui, on n'etait sûr que le couple aurait descendance. C'était aussi le jour où les jeunes mariés passaient de jeunes à la catégorie des jeunes mariés, cela signifiait donc qu'ils ne pouvaient plus aller aux bals et que la jeune femme devait désormais rester chez elle. Le Mariage était aussi un lieu de rencontre pour les jeunes sous le contrôle de la société, de la famille et devait engendrer de nouveaux mariages. La jeune fille recevait une dot, un trousseau, quelques meubles et quelques moutons dans les familles aisées. Il était d'usage que les parents du marié offrent la robe et les alliances et que les futurs parrains reçoivent un bonnet garni de rubans et que les futures marraines un caraco (corsage droit à manches et basques, flottant sur la jupe ou cintré). En ce qui concerne le costume du marié, toutes les pièces devaient être neuves. La mariée portait la robe offerte par ses beaux-parents ainsi qu'une couronne de fleurs, symbole d'une royauté temporaire. |
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| Le repas symbolisait l'union entre les deux familles autour de la
nourriture, des aliments carnés, des produits de la ferme et non-habituels. Le menu était très copieux au début du siècle : un menu était
en général composé de trois entrées, deux plats de poissons crus, une ou plusieurs
viande(s) accompagnées de légumes, une salade et quelques desserts dont la pièce
montée. Le repas durait généralement jusqu'à la nuit ; à la fin, le jeune homme
devait mettre la jarretière à son épouse puis l'enlever. Elle était ensuite vendu par
petits morceaux aux invités et l'argent revenait aux serveuses.Le repas était vraiment
terminé lorsque le bal commençait. Les mariés s'éclipsaient vers deux ou trois heures dans un lieu secret alors que les invités entamaient le deuxième repas vers quatre heures du matin. |
| Tôt le matin, les jeunes se mettaient en quête des mariés pour leur
porter le pot-de-chambre : c'était la course aux mariés. Il y avait deux camps : un qui
facilitait la fuite des jeunes époux (celui qui prêtait son lit car les mariés ne
pouvaient dormir que dans un lit déjà étrenné) et un autre qui devait faire les
maisons du village et se faire offrir à boire. La course était réussie lorsque l'on
avait bien bu et si l'on avait trouvé les mariés après avoir bien couru. Tout le
prestige revenait alors à celui qui avait cachés les mariés. Ces derniers devaient
jouer le jeu : l'endroit devait être accessible, la porte devait être défoncée, les
mariés sortis du lit, on devait leur faire des farces et ensuite préparer le breuvage du
pot de chambre (du champagne). La mariée buvait en premier après quelques résistances
puis le marié et les invités. On donnait au pot de chambre une fonction très importante
: il devait redonner vigueur aux mariés après leur nuit de noces. Selon les sociologues,
c'était un breuvage épicé et salé qui était la transposition culinaire de l'acte
sexuel. Il symbolisait la fin des noces et le changement de statut des jeunes
"adultes". Les mariés se faisaient ensuite offrir la rôtie, un bouillon de poule (jamais noire) et on cassait le "tupi", un pot en terre pour leur porter bonheur. Enfin, on mangeait l'omelette et on rentrait chez soi ... pour dormir. |