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| A partir du moment où une jeune fille
préférait un garçon, les autres arrêtaient de lui faire la cour (si elle faisait des
promesses à plusieurs, elle était mal vue). Ils commençaient alors à se fré- quenter,
à échanger des cadeaux mo- destes, le garçon en premier, comme une bague, une épingle,
des mouchoirs. Le couple se comprenait par un code gestuel car le baiser était peu
répandu : on se serrait les doigts, on se donnait de petites tapes dans le dos,... |
| La société imposait la nécessité de se
marier. Les vieilles filles ou les vieux garçons célibataires étaient exclus de la
société car le travail de la ferme était basé sur la complémentarité des deux sexes.
Dans une ferme, les célibataires avaient une situation proche de celle des domestiques :
les vieilles filles étaient durement traitées par la communauté car on considérait
qu'elles n'avaient pas rempli leur devoir. Les mariages se faisaient tôt en général
(16-18 ans pour les jeunes filles) et à 25 ans , une femme n'avait presque plus de chance
de se marier. On fêtait alors la Sainte Catherine (25 Novembre) et la Saint Nicolas (6
Décembre) |
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| L'épingle était un objet à forte connota- tion. C'était ce qui
remplaçait les bou- tons, ce qui rapprochait les tissus. On lui attribuait le pouvoir de
rapprocher les êtres. La coutume était de jeter une épingle prise dans la région du
cur dans une source miraculeuse : si elle flottait, alors la jeune fille qui l'avait
jetée trouverait un mari dans l'année. De plus, l'épingle portait la qualité de la
personne : les épingles servant à atta- cher la couronne de fleurs d'oranger de la
mariée étaient très convoitées par les jeunes filles. Ainsi, une noce pouvait
entraîner de nouvelles noces. |
| C'était au jeune homme de faire la dé- marche auprès des parents de la
jeune fille pour obtenir leur accord pour le ma riage. Pour cela, il faisait appel à un
entremetteur (souvent des tailleurs ou des épiciers ambulants) chargés de se renseigner
, de "tâter le terrain" mais jamais de façon orale. On utilisait des symboles
: on éteignait les tisons si on refusait et au contraire on donnait son accord si on
tisonnait le feu. ou si on roulait ou déroulait son tablier. L'accord était conclu
officiellement par une série de repas réunissant un cercle familial de plus en plus
large jusqu'aux noces. Le jeune homme y était invité et y allait souvent accompagné par
un camarade |
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