A LA CONQUETE

DE LA PLANETE ROUGE

 

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Mars Pathfinder

Missions en cours

Missions Futures

 

 

        Depuis l‘Antiquité, Mars nous fascine. À plusieurs époques et pour différentes raisons, on a imaginé que la planète rouge recelait de la vie... intelligente. Cette petite planète a ainsi donné naissance aux "martiens ", un mythe qui perdure malgré tout ce que l’on a appris depuis. La conquête de Mars offre aujourd’hui encore un vif intérêt, puisqu’elle semble devoir être la seule planète sur laquelle nous y installerons un jour une colonie. En outre, on a découvert à l’été de 1996 que cette planète aurait été jadis le théâtre d’une vie très primitive.

        Mars orbite le Soleil à quelque 225 millions de kilomètres (alors que la Terre le fait à 150 mkm). Il faut par conséquent une dizaine de mois pour l’atteindre, en parcourant une demi-orbite autour du Soleil. (Dans l’espace, on ne se déplace jamais en ligne droite, mais toujours selon des trajectoires courbes.)

        Depuis une quarantaine d’années, trois douzaines de sondes-robots ont visé la planète rouge. Les Soviétiques ont lancé une vingtaine de sondes Mars et Zond (en camouflant les échecs), alors que les Américains ont opéré des Mariners et des Viking. Mais cette exploration a donné lieu à un nombre impressionnant d’échecs, puisque près des deux-tiers de ces sondes ont échoués ! Ces dernières années, les sondes Mars Observer et Mars 96 ont été des échecs retentissants.

        L’exploration se poursuit néanmoins, puisque plusieurs projets sont en préparation. Mars continue donc sans relâche de nous fasciner...

 

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LA MISSION MARS PATHFINDER

 

            Mars Pathfinder a été lancée le 2 décembre 1996 par une fusée Delta II 7925. Ce petit engin
de 850 kg est parti avec un mois de retard sur la sonde Mars Global Surveyor, mais il est arrivé bien avant sa compagne, au terme d'un voyage de 7 mois.  Le 4 juillet 1997 à 19h07 heure française, la sonde (qui ne pesait pas plus que 280 kg) s'est posée sur Mars, 20 ans après les atterrisseurs des sondes Viking ! La particularité de la mission Pathfinder, c'est que l'atterrissage n'a pas nécessité une mise en orbite autour de la planète (rentrée directe dans l'atmosphère). De plus, c'est la première fois qu'un robot se déplace sur la surface de Mars.

 

                L'atterrissage de Pathfinder
        L'approche finale a commencé par l'éjection de l'étage de croisière à 8500 km d'altitude, 35 minutes avant l'atterrissage. La capsule de descente, composé d'un bouclier thermique, de la sonde elle même et d'un bouclier arrière supportant le parachute et les rétrofusées entame sa chute vers la surface martienne. A 130 km d'altitude et 30 minutes plus tard, la vitesse de Pathfinder est de 7,5 km/s. C'est à ce moment que la sonde rentre véritablement dans l'atmosphère martienne. Son bouclier thermique la freine alors, tout en la protégeant d'un échauffement excessif. L'angle de rentrée est de -14,2°, et la vitesse tombe à 400 m/s. La sonde ralentit encore encore à 65 m/s lorsque le parachute s'ouvre deux à trois minutes après la rentrée dans l'atmosphère. Le parachute est ensuite éjecté alors que l'altitude n'est plus que de 9,4 km, puis c'est au tour du bouclier thermique, dix secondes plus tard, à 8,3 km de la surface. A 6,6 km, la sonde est larguée au bout d'un filin de kevlar de 30 mètres de long, fixé sur le bouclier arrière. Le radar altimétrique se met en marche et détecte le relief à 1500 mètres d'altitude. 8 secondes avant l'arrivée au sol, à 300 mètres d'altitude, une enveloppe protectrice composée de gros ballons se gonfle autour de la sonde. Les trois rétrofusées à poudre s'allument à 50 mètres du sol, et la sonde semble pratiquement s'arrêter en plein ciel. A 15 mètres au-dessous du sol, le filin est coupé et la sonde termine sa descente vers Mars en chute libre, tandis que le bouclier arrière remonte vers le parachute sous l'impulsion des rétrofusées. Il s'agit d'entraîner celui ci le plus loin possible, pour éviter qu'il ne retombe sur la sonde. Pathfinder, protégée par ses "airbags", touche le sol. Elle va rebondir un certain nombre de fois avant de s'immobiliser définitivement. Les pétales s'entrouvrent, tandis que les ballons se dégonflent et sont tirés vers l'engin pour aller se loger sous les pétales. Un système particulièrement ingénieux permet à l'engin de se redresser s'il s'est immobilisé à l'envers. Il faudra trois quart d'heures aux ballons pour se rétracter complètement. La station est totalement déployée trois heures après. Sojourner est prêt à partir ...

 

                                                      mars5.jpg (21413 octets)  Ares Vallis


        Mars Pathfinder a atterri dans une région qui porte le nom d'Ares Vallis, 
à l'est des volcans géants du dôme de Tharsis. Le site d'atterrissage de Pathfinder est situé plus précisément à 19,01° N de latitude et 33,52° W de longitude, à 800 km plus au sud du site d'atterrissage de Viking 1 dans Chryse Planitia.

                               

 

                La Station Carl Sagan pathfinder.jpg (10111 octets)
        Mars Pathfinder, c'est d'abord une petite station constituée d'une plate-forme centrale et de trois panneaux de 1 mètre de large chacun, qui s'ouvrent comme les pétales d'une fleur. Ces panneaux sont recouverts de cellules solaires (2,5 m2 au total) qui assureront l'alimentation en énergie de la station via une batterie argent-zinc. Pour les communications, la station possède une antenne à grand gain de 30 cm de diamètre et une antenne à faible gain. La plateforme centrale abrite l'électronique, dont un ordinateur 32 bits RAD 6000. L'ensemble des systèmes électroniques est protégé du froid en étant maintenu entre 0° et 20°C. Le lander sert de relais entre la Terre et le petit robot Sojourner, mais aussi de support pour des expériences diverses. La station au sol de Pathfinder a été nommé Station Carl Sagan, en hommage au célèbre astronome.

 

                                                         mars1.jpg (25574 octets) Sojourner
        Sojourner est un petit robot de 10,5 kg, de 63 cm de long, de 48 cm de large et de 28 cm de haut une fois déplié. C'est le premier robot a gambader à la surface de Mars ! Pour descendre à la surface de Mars, Sojourner pouvait utiliser l'une des deux rampes d'accès semi rigides montée sur le pétale qui lui servait de support. Sa vitesse maximale est de 24 m/h pour une puissance de 16 W (il possède un petit panneau solaire d'une surface totale de 0,25 m2 et une batterie lithium sodium qui l'alimente en énergie pendant la nuit, cette dernière étant de conception française). Il possède 6 roues indépendantes, ce qui lui permet de franchir allègrement des obstacles d'une hauteur de 12 cm au maximum. Il peut gravir des pentes de 26° et s'éloigner jusqu'à 500 mètres de la station. Sojourner progresse grâce à des caméras (deux frontales N&B et une caméra couleur à l'arrière) et cinq petits lasers.
        Le rover possède deux modes de déplacement. Il peut recevoir des ordres d'un navigateur, qui détermine la route à suivre grâce à un système d'imagerie en 3D. Le programme de déplacement est envoyé chaque jour depuis la Terre à la station qui retransmet ces informations au petit rover (celui ci possède une antenne UHF). Mais Sojourner peut aussi se déplacer seul. Pour cela, il active ses rayons lasers qui forment devant lui des lignes verticales, l'ordinateur calculant distance et position pour déterminer une trajectoire correcte. Ce dispositif lui permet de détecter les obstacles et de prendre les mesures nécessaires pour les contourner. Sojourner va permettre l'étude des propriétés physiques des sols qu'il rencontrera grâce aux traces laissées par ses roues. En bloquant cinq roues et en laissant tourner l'autre librement, il peut égratigner la surface et révéler le terrain sous jacent. Il peut arriver au même résultat en tournant sur lui même au rythme de 7° par secondes.

 

                   Les objectifs de Pathfinder
        L'objectif principal de la mission Pathfinder était avant tout technologique plutôt que scientifique. Elle avait pour but de tester de nouvelles technologies d'entrée en atmosphère martienne et de procédures d'atterrissage. Pathfinder est en effet le début d'un vaste programme d'exploration de la Planète Mars qui devrait permettre d'en savoir plus sur la nature de cette planète et de répondre, si possible, à la fameuse question "Y'a -t-il eu ou non une forme de vie dans ce monde désert ?". A terme, ce programme d'exploration devrait permettre avant 2010 de ramener des échantillons sur Terre puis aboutir, vers 2020, par l'envoi d'astronautes...
        Cependant, Pathfinder a également été une opération marketing sensationnelle pour la NASA. L'atterrissage de la sonde un 4 juillet (jour de la fête de l'indépendance aux Etats Unis) et les millions de connexion enregistrées sur les sites internet de la NASA y sont pour beaucoup !

 

               Goodbye !
        Pathfinder, qui faisait partie de l'ancien programme Discovery de la NASA, a donc été un succès remarquable. En tout, sur une durée de trois mois, la mission a retournée 2,6 gigabit de données, dont 16000 images de la surface de Mars prise par la caméra du lander, 550 images acquises par le rover Sojourner et 8,5 millions de mesures concernant la température, la pression et les vents martiens. Sojourner s'est déplacé sur une distance totale de 100 mètres en 230 manœuvres. Il a réalisé plus de 16 analyses chimiques de roches et de sols, mesuré les propriétés physiques du sol et exploré en tout 250 m2 de surface martienne. Le lander de Pathfinder a fonctionné trois fois plus que sa durée de vie théorique (30 jours) et le petit rover douze fois plus que la sienne (7 jours). Le 27 septembre, après 83 jours d'opérations, les équipes au sol ont perdu le contact radio avec le lander. Pathfinder restera définitivement muet et ne répondra plus à aucune des tentatives suivantes de communication. La mission Pathfinder s'est officiellement terminée le 4 novembre 1998, après une dernière tentative de la part de la NASA pour reprendre contact avec le lander à partir de l'antenne de 34 mètres du Deep Space Network de Goldstone, en Californie, le 10 mars 1998. La mission Pathfinder a tout de même permis de corroborer la thèse selon laquelle Mars a été dans les temps primitifs une planète plus chaude et plus humide qu'ellle ne l'est aujourd'hui.

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MISSIONS EN COURS

 

PLANET-B NOZOMI

Le Japon a lancé sa première sonde martienne, surnommée Nozomi (Espoir), depuis le site de Kagoshima le 4 juillet 1998. Elle s'est élancée vers Mars le 21 décembre 1998. Malheureusement, la mise sur trajectoire s'est mal déroulée, consommant beaucoup trop de carburant.Planet-B Nozomi a donc été placé sur une orbite autour du Soleil et n'atteindra pas Mars avant décembre 2003. La mission qui commencera avec 4 ans de retard sur le programme prévu, devrait durer au moins une année martienne (deux années terrestres) et apporter de nouvelles informations sur la composition de la haute atmosphère, les effets du vent solaire et le champ magnétique.

 

MARS GLOBAL SURVEYOR

Lancée le 7 novembre 1996, Mars Global Surveyor a emporté à son bord une caméra et cinq instruments. Elle est chargée d'une mission d'inventaire de 687 jours (une année martienne) : carte complète des reliefs martiens, relevé photographique de la surface, inventaire des minéraux présents au sol. Elle s'est placé en orbite autour de Mars le 11 septembre 1997. Après de délicates manoeuvres d'aérofreinage, la sonde s'est stabilisée sur son orbite de travail, située à 450 km d'altitude, au début du mois de février 1999.

 

MARS SURVEYOR 98

La mission Mars Surveyor 98 a pour thème principal l'eau et tourne autour de trois points importants : l'eau en tant qu'élément indispensable pour l'apparition de la vie telle que nous la connaissons, l'eau dans le climat martien et l'eau en tant que ressource essentielle pour les futures missions habitées à destination de la planète rouge.
Un des plus grands mystères que la planète rouge nous offre concerne l'existence de l'eau. On trouve à la surface de Mars des traces d'érosion fluviale qui attestent que l'eau a un jour existé à l'état liquide sur cette planète. Aujourd'hui pourtant, Mars est une planète sèche et aride. Que sont donc devenues les formidables réserves d'eau martiennes ? Y a t'il encore de l'eau dans les calottes polaires. Se cache t'elle sous forme de glace dans le sous sol martien   ? A moins que les précieuses molécules se soient échappées dans l'espace et que tout espoir soit perdu d'en trouver encore en grande quantité sur la planète rouge. L'histoire climatique de Mars ne nous a t'elle laissé que des déserts ? C'est la une des questions auquel Mars Surveyor 98 devra répondre.

Mars Surveyor 98 comprend deux sondes, un orbiteur (Mars Climate Orbiter) et un atterrisseur (Mars Polar Lander), et cela pour un coût sensiblement identique à celui de la mission Pathfinder (356 millions de dollars). Ensemble, elles vont cartographier la surface martienne, déterminer la structure de l'atmosphère, étudier son interaction avec la surface et rechercher des traces d'eau et de glace en surface et dans le sous sol martien.

 

Mars Climate OrbiterMCO.gif (8035 octets)

Objectifs
        Après sa mise en orbite autour de la planète rouge et pour une durée de trois mois, Mars Climate Orbiter va supporter les activités de la sonde Mars Polar Lander et servir en particulier de relais radio entre la Terre et l'atterrisseur. A la fin de la mission de celui ci (février 2000), elle pourra véritablement s'attaquer à ses principaux objectifs : l'étude de la distribution de l'eau sur Mars et du climat (passé et présent) de la planète rouge.
        Mars Climate Orbiter va observer le climat martien depuis une orbite presque polaire à une altitude de 400 km d'altitude. Elle devra en particulier étudier la composition des matériaux de surface, les nuages de l'atmosphère ainsi que les voiles de poussières, la distribution de la vapeur d'eau et de l'ozone, les systèmes météorologiques, l'origine des tempêtes de poussières et leur mouvement,  l'érosion éolienne et les éventuels changements de la surface martienne. La sonde tentera aussi de découvrir le passé climatique de Mars et de localiser les réservoirs des volatils (eau et CO2). Les observations seront réalisées sur différentes échelles de temps : sur une période d'une journée, d'une saison ou d'une année.

La mission
        Mars Climate Orbiter a décollé un jour après l'ouverture de sa fenêtre de lancement, le 11 décembre 1998 à bord d'une fusée Delta II 7425. La sonde ne pesait que 629 kg lors du lancement. Le voyage vers Mars va durer 9 mois, et sera ponctué par quatre manœuvres de correction de trajectoire. L'insertion en orbite martienne est prévue pour le 23 septembre 1999. A ce moment, le moteur de la sonde s'allumera pendant 16 à 17 minutes pour placer l'engin sur une orbite elliptique d'une période de 12 à 17 heures. Cette insertion en orbite sera suivie par 140 jours de freinage atmosphérique. L'aérofreinage est une technique qui permet à une sonde de diminuer sa période de révolution et de circulariser son orbite en utilisant la résistance de l'air sur ses panneaux solaires. Mise en œuvre pour la première fois en 1994 avec la sonde Magellan alors en orbite autour de Vénus, elle est actuellement utilisée par la sonde Mars Global Surveyor. Elle devrait atteindre son orbite finale deux semaines au moins avant l'arrivée de sa compagne (Mars Polar Lander).
La phase de cartographie durera 687 jours (soit une année martienne), du mois de mars 2000 jusqu'au mois de janvier 2002. L'altitude de l'orbite de cartographie sera de 412 km pour une révolution de 2 heures, et l'orbite sera presque polaire. Le passage au dessus de l'équateur aura lieu à 4:30 PM heure locale. Une fois la phase de cartographie terminée, la sonde servira de relais de communication pour les missions futures pendant encore trois ans.

Les instruments scientifiques
        *  Le PMIRR (Pressure Modulator Infrared Radiometer) : C'est un module météorologique complet. Il va permettre d'observer la distribution globale et les variations dans le temps de la pression, de la température, de la poussière, de la vapeur d'eau et des nuages dans l'atmosphère mais aussi de quantifier l'émission radiative de surface et l'ensoleillement. L'instrument sera capable d'observer la totalité de la planète à l'exception des régions polaires. Un petit miroir lui permet en fait d'observer l'atmosphère depuis la surface jusqu'à 80 km d'altitude. Pour la première fois, les bandes d'adsorption du gaz carbonique et de la vapeur d'eau seront étudiées avec une résolution verticale de 5 kilomètres. Un radiateur gardera les détecteurs situés dans le plan focal de l'instrument à une température de - 193°C.
        *  Le MARCI (Mars Surveyor Color Imager) : Cet instrument combine deux caméras (une à grand angle, l'autre à angle moyen), le système électronique d'acquisition de données et l'alimentation en énergie.  A la fin de la phase de croisière, le système MARCI prendra des images de Mars. Une fois la sonde sur son orbite de cartographie, la caméra grand angle fournira des vues journalières et globales de l'atmosphère et de la surface de Mars. Quant à la caméra à angle moyen, elle permettra de surveiller la surface de Mars et de détecter d'éventuels changements. Elle pourra photographier n'importe quel endroit de la planète à l'exception des pôles (à cause de la légère inclinaison de la sonde).
        *  Enfin, Mars Climate Orbiter emporte avec elle un relais radio pour relayer les communications des futures stations au sol (américaines ou internationales) et supporter les activités de la sonde Mars Polar Lander.

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MPL.jpg (4343 octets)Mars Polar Lander

Objectifs
        Lors de sa descente vers la surface martienne, Mars Polar Lander va commencer par prendre des images de la région polaire sud. Une fois au sol, il photographiera le site d'atterrissage dans différentes longueurs d'ondes de manière à déterminer la nature et la composition des matériaux de surface. Il creusera des tranchées dans le sol martien pour rechercher des enregistrements superficiels des changements climatiques de Mars (visibles sous la forme de dépôts stratifiés). Il procédera à des analyses de sol pour mettre en évidence la présence d'eau et de glace. Des mesures météorologiques seront également au programme (vents, température, pression et vapeur d'eau, détection de nuages de glace, formation et disparition du givre et de la neige à la surface). Il sera ainsi capable de caractériser les processus physiques qui interviennent dans les cycles saisonniers de l'eau, du CO2 et de la poussière sur Mars.

La mission
        La sonde Mars Polar Lander s'est envolée comme prévu le 3 janvier 1999, dés le premier jour de sa fenêtre de lancement, à bord d'une fusée Delta II 7425. Au moment du lancement, la sonde pesait 576 kg, contre 290 kg une fois à la surface de Mars.
Le voyage vers Mars va durer 11 mois. Pendant le vol, 5 manœuvres de correction de trajectoire auront lieu. La première, la plus importante en durée, doit être exécutée 15 jours après le départ. La sonde sera suivie par les antennes du Deep Space Network qui traqueront également la sonde Mars Climate Orbiter juste avant et après l'acquisition de l'atterrisseur. Le suivi simultané des deux sondes permettra d'augmenter la précision lors des manœuvres d'approche, de descente et d'atterrissage. La sonde Mars Global Surveyor pourra également être utilisé comme aide à la navigation.
        La mission primaire de Mars Polar Lander devrait se terminer le 29 février 1999. C'est sans
aucun doute la durée de vie des batteries (nickel/hydrogène) qui déterminera la durée de vie de l'atterrisseur. Pendant la nuit, les batteries doivent maintenir les composants électroniques de l'atterrisseur à une température relativement clémente (- 30°C tout de même !), si on la compare à la température qui régnera alors à l'extérieur (- 80°C). Lorsque la batterie sera déchargée, plus rien ne protégera la sonde du froid et de l'obscurité des longues nuits martiennes, ni du retour de la calotte saisonnière. Mars Polar Lander finira alors gelé.

Mpl3.gif (6185 octets) Déroulement de l'aterrissage
        L'atterrissage aura lieu le 3 décembre 1999. Après une entrée atmosphérique directe, Mars Polar Lander sera ralenti par un système hérité de Mars Pathfinder (bouclier thermique et parachute de 8,4 mètres de diamètre déployé par un petit mortier), et la sonde atterrira en douceur grâce à l'utilisation de petites fusées. Les pieds de l'atterrisseur toucheront la surface de Mars à proximité de la calotte polaire sud, au niveau des fameux dépôts stratifiés. Comme les anneaux de croissance des troncs d'arbre, les terrains stratifiées conservent l'histoire climatique de Mars. Mars a t'elle connu des modifications catastrophiques de son climat, des changements épisodiques importants ou une évolution plus graduelle ? Mars Polar Lander devra répondre à ces questions.
        Le site d'atterrissage n'est pas encore déterminé avec précision. La sonde Mars Global Surveyor a déjà obtenu des images intéressantes et des données altimétriques d'une zone située un peu plus prés du pôle sud que le site d'atterrissage optimal. D'autres images seront obtenues en juin 1999 pendant la phase de cartographie de Global Surveyor. Le choix d'un site sera possible jusqu'en août 1999, moins de quatre mois avant l'arrivée du Mars Polar Lander sur la planète rouge. Ce sera en tout cas la première fois qu'une sonde se posera dans les régions polaires de la planète Mars.   
        2 heures après l'atterrissage, la première communication à haut débit entre l'atterrisseur (antenne UHF) et la sonde Mars Climate Orbiter aura lieu (transmission des données télémétriques et météorologiques, des images de la caméra de descente et de la caméra panoramique).

Les activités
        Le jour de l'atterrissage (Sol 0, puisque nous allons nous référer aux jours martiens plutôt qu'aux jours terrestres pour suivre le déroulement de la mission) dépendront de l'état de l'atterrisseur. Suivant la charge des batteries, le débit des panneaux solaires, l'inclinaison de l'atterrisseur et les températures à bord, Mars Polar Lander pourra soit commencer ses expériences, soit être placé dans un mode de veille ou se préparer pour un petit somme. Les premières opérations scientifiques comprendront un test du bras articulé, un statut du TEGA, des observations avec le LIDAR et l'acquisition d'images supplémentaires par la caméra panoramique et la caméra miniature du bras robotique. Enfin, le mât météorologique continuera à fournir des indications sur les températures, les pressions et la teneur en CO2 et en vapeur d'eau de l'atmosphère.
        Pendant la nuit, l'activité de l'atterrisseur sera réduite au minimum, mais l'ordinateur de bord ainsi que le mât météorologique seront activés de temps en temps. Pendant la période primaire de la mission de l'atterrisseur, le soleil ne se couchera jamais. Le package météorologique se mettra en marche pendant quelques minutes pour effectuer des relevés de pressions et de températures à 9:00 PM, 1:00 AM et 5:00 AM. A chaque fois, l'antenne UFH enverra les données à l'orbiter. Le LIDAR sera aussi activé pendant la nuit martienne. La journée martienne commence officiellement à 9:00 AM.

Les instruments scientifiques
                        On trouve dans un premier temps le MVACS (Mars Volatiles and Climate Surveyor)
qui se compose lui même d'un certain nombre d'instruments :
        *  Un système d'imagerie stéréo de surface (SSI ou Stereo Surface Imager) : Une caméra panoramique est montée au sommet d'un mat de 1,5 mètres de haut, identique à la caméra utilisée par Pathfinder.
        *  Bras robotique (RA ou Robotic Arm) avec caméra intégrée (RAC ou Robotic Arm Camera) : L'atterrisseur possède un bras articulé de deux mètres de long, avec une extrémité articulée sur laquelle est fixée une pelle, une petite caméra et un capteur de température.
        *  Package météorologique (MET ou Meteorological Package) : Il est monté sur un bras de 1,2 mètres de longueur et permettra de réaliser des mesures sur les vents (vitesse et direction) et les températures (4 capteurs).
        *  TEGA (Thermal and Evolved Gas Analyzer) : Cet instrument extraordinaire va permettre de détecter de l'eau et du CO2 dans des échantillons de sols. Le bras robotique commence par creuser une petite tranchée de quelques centimètres dans le sol pour prélever un échantillon qui sera ensuite photographié, chauffé et analysé.
                        Puis d'autres instruments comme :
        *  Le LIDAR (Light Detection and Ranging) : Cet instrument se trouve au dessus du corps de l'atterrisseur et va servir à étudier les aérosols atmosphériques ainsi que les nuages de glace. C'est le premier instrument russe (fourni par l'IKI) qui sera utilisé sur une sonde planétaire américaine. Son fonctionnement est un peu similaire à celui du radar mais avec des pulses de lumière laser au lieu d'ondes radio. L'objectif principal de cet instrument est de déterminer la quantité de poussière en suspension dans l'atmosphère au dessus du site d'atterrissage. Le LIDAR inclut également un microphone.
        *  Le microphone : Il pèse moins de 50 grammes et ses dimensions ne dépassent pas 5 cm sur 5 cm. En raison de la faible pression sur Mars, nous devrions être en mesure d'entendre quelque chose, grâce aux amplificateurs présents avec le microphone. Le petit instrument va peut être nous permettre d'entendre le souffle du vent, le bruit des tourbillons de sable, le rugissement des tempêtes de poussières et pourquoi pas des éclairs ! Il nous transmettra également les bruits en provenance de l'atterrisseur, comme celui du bras robotique en train de creuser le sol (dans un premier temps, la durée de chaque son sera de 10 secondes). Mais le son le plus excitant sera sans doute celui dont nous n'avons pas idée ! L'expérience a démontré qu'à chaque fois qu'un nouvel instrument est envoyé dans l'espace, il nous apprend quelque chose de nouveau sur l'environnement extraterrestre. C'est la que réside le véritable intérêt de ce microphone.
        *  Le MARDI (Mars Surveyor Descent Imager) : C'est une caméra de descente située sous l'atterrisseur. Elle commencera à prendre des images juste avant l'éjection du bouclier thermique (l'altitude sera alors inférieure à 8 km) et continuera ainsi jusqu'à l'atterrissage. La caméra va acquérir 10 images au total. C'est la première fois depuis les missions Apollo que des images vont être prises pendant la descente d'un module.
        *  Un lien UHF pour communiquer avec la sonde Mars Climate Orbiter, la Terre (dans les deux sens) ou envoyer des données à la sonde Mars Global Surveyor. Chaque jour, l'atterrisseur aura 3 ou 4 opportunités pour échanger des informations avec les sondes en orbite. La session ne peut cependant commencer que lorsque l'orbiteur est à 20° au moins au dessus de l'horizon martien.

 

Mpl2.jpg (14925 octets)

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MISSIONS FUTURES

 

MARS SURVEYOR 2001


Cette mission devrait être lancé en mars-avril 2001. Elle comporte un orbiter qui arrivera en décembre et cartographiera la minéralogie et la morphologie de Mars, ainsi qu'un lander qui arrivera en janvier 2002 pour déposer un rover capable de franchir 100 km. Celui-ci sera doté d'un instrument d'analyse de roche et commencera à empiler ces échantillons en vue de les ramener sur Terre en 2005.

MARS SURVEYOR 2003

Lancement de deux sondes : un orbiter qui aura pour mission l'établissement des liaisons radio et un lander qui emportera un rover identique à celui envoyé en 2001.

MARS 2003

Une sonde russe emportera soit quatre landers (mission "Mars Glob"), soit un rover, ou encore un lander qui se posera sur Phobos, satellite de Mars, pour rapporter des échantillons sur Terre.

MARS EXPRESS

Une sonde européenne sera lancée avec un orbiter pour dresser une cartographie des terrains mélangés avec de la glace et deux landers qui effectueront des analyses biologiques.

MARS SURVEYOR 2005

Deux sondes américaines seront chargés de rapporter les échantillons empilés par les rovers des missions " Mars Surveyor 2001 et 2003 ". Un des landers sera équipé d'un système capable de produire les ergols nécessaires au retour en pompant l'air martien afin de tester cette nouvelle technologie en vue d'une mission habitée : pour rentrer sur Terre, les astronautes devront produire leur carburant sur Mars.

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* * *

 

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