| Anomalies
de la vision
I/
Les
anomalies de la vision d’origine congénitale ou accidentelle.
a)
Les
anomalies les plus fréquentes.
Amétropies :
anomalies de la réfraction de l’œil, congénitales ou acquises,
caractérisées par une mauvaise mise au point des images rétiniennes
venant d’objet situés à l’infini ou par un effort de mise au
point. Il existe deux sortes d'amétropie : -
amétropie axiale: Amétropie
due à une longueur anormale de l' oeil alors que sa puissance est de
valeur moyenne.
-
amétropie de puissance:
Amétropie
due à une puissance de l' oeil anormale alors que sa longueur est de
valeur moyenne. Les amétropies de puissance peuvent être soit de
courbure, soit d'indice, selon que l'un ou l'autre de ces facteurs
est nettement différent de la valeur moyenne. Synonyme: amétropie
de réfraction. Les amétropies sont la
myopie, l'hypermétropie et l'astigmatisme. · La myopie. La myopie est un vice de réfraction presque toujours dû à un allongement de l’axe antéro-postérieur du globe ou à une trop grande convergence de l’œil. L’image se forme en avant de la rétine. De ce fait, le myope distingue mal les objets situés à l’infini : le sujet les voit flous. L’accommodation ne commence à jouer son rôle qu’à faible distance et ne permet de voir que des objets très rapprochés. C’est l’anomalie la plus répandue.
-la myopie fausse : myopie due à un spasme de l’accommodation (contraction involontaire de la musculature accommodative produisant une forte accommodation et souvent une pseudo-myopie). - la myopie d’indice : myopie due à une augmentation excessive de l’indice de réfraction des milieux oculaires et notamment du cristallin quand une cataracte se développe. - la myopie nocturne : myopie se produisant en vision scotopique et dont la valeur varie entre 0.3 et 1.5. Ce phénomène est dû en majeure partie au manque de détail sur lequel l’œil puisse se mettre au point. - la myopie progressive : myopie qui continue à augmenter après la maturité et qui peut atteindre de très fortes valeurs. Elle est souvent accompagnée de lésions choroïdiennes et rétiniennes et dans ce cas, l’acuité visuelle est réduite même après correction. - la myopie spatiale : myopie se produisant lorsque l’œil regarde dans un espace vide tel un ciel clair et sans nuages et dans lequel il ne peut se metre au point sur aucun détail. Sa valeur ne dépasse pas 1d. Les causes principales de la myopie sont environnementales ou congénitales et favorisées par l’allongement de l’œil pendant la croissance. Elle débute généralement à l’âge scolaire, puis se stabilise après quelques années. Plus le début est précoce plus l’anomalie est grande. Après dix ans, elle évolue plus lentement. La myopie a tendance à provoquer une perte d’équilibre oculomoteur : l’œil myope a tendance à diverger, c’est à dire à loucher. Sa principale complication est le décollement de la rétine. La fréquence de la myopie est très variable selon les races. Atteignant 10% de la population blanche, elle est plus grande chez les Indo-Européens et … les intellectuels. L’amplitude d’accommodation varie selon l’age, elle passe de 14 dioptries chez l’enfant à 3 vers 45 ans et à 1 vers 60 ans.
·
L’hypermétropie ++ éloigné se forme en arrière de la rétine et la vision est floue. La correction de cette erreur de réfraction se fait avec des verres convergents. Elle se traduit surtout par une fatigue visuelle permanente. Les objets proches sont difficiles à voir. Les hypermétropies importantes se traduisent par une vision floue de loin et de près. L’hypermétropie est souvent bien tolérée chez les jeunes pour devenir gênante à l’âge adulte.
- Hypermétropie de puissance : c’est une hypermétropie attribuée à une puissance trop faible de l’œil par rapport à sa longueur. - Hypermétropie facultative : valeur de l’hypermétropie qui peut être compensée par l’accommodation. - hypermétropie latente : valeur de l’hypermétropie qui est compensée par le tonus du muscle ciliaire. - Hypermétropie manifeste : valeur de l’hypermétropie que l’on peut mesurer par les méthodes courantes de réfraction, sans l’emploi de cycloplégiques. - Hypermétropie totale : c’est la somme des hypermétropies manifeste et latente
· L’astigmatisme L’astigmatisme est une déformation de la vision dont l’origine est souvent une irrégularité de la courbre de la cornée. Dans la zone déformée, l’indice de réfraction n’est pas le même que dans les autres zones, si bien que les rayons ne sont pas transmis correctement. Selon l’importance et le type de déformation, une personne astigmate aura une vision floue des lignes verticales, horizontales ou obliques.
L’astigmatisme peut être isolé ou accompagner la myopie ou l’hypermétropie. Il résulte d’une cornée déformée et donne des images floues de loin et de près. On distingue plusieurs valeurs et de degrés de l’astigmatisme. Par exemple dans l’astigmatisme direct, la puissance du méridien vertical est la plus élevée, tandis que dans le cas de l’astigmatisme inverse, c’est la puissance du méridien horizontal (ou proche de l’horizontal) qui est la plus élevée. On
a également répertorié dans les différentes formes de
cette anomalie l’astigmatisme irrégulier, oblique,
physiologique, régulier ou encore supplémentaire et enfin
l’astigmatisme total, qui est la somme des astigmatismes des
diverses surfaces optiques de l’œil. -
astigmatisme direct : astigmatisme dans lequel la puissance
du méridien vertical (ou proche de la verticale) est la plus élevée.
Synonyme : astigmatisme selon la règle. -astigmatisme
inverse : astigmatisme dans lequel la puissance du méridien
horizontal (ou proche de l'horizontale) est la plus élevée.
Synonyme : astigmatisme contraire à la règle.
-astigmatisme irrégulier : astigmatisme dans lequel les
deux focales ne sont pas perpendiculaires entre elles. C'est
souvent le cas du cristallin ou de la cornée à la suite d'une
maladie ou d'une blessure.
-astigmatisme
oblique : astigmatisme dans lequel les deux méridiens
principaux sont éloignés à la fois du méridien horizontal et
du méridien vertical. Aberration
d'un système optique qui se manifeste lorsque le faisceau
incident forme avec l'axe optique un angle qui excède les
exigences de l'approximation de Gauss. Elle est caractérisée par
la formation de deux pseudo-images d'un point objet qui s'appuient
sur une focale sagittale et une focale tangentielle. L'écart
entre ces deux focales représente le montant d'astigmatisme
oblique pour une direction donnée. -astigmatisme
physiologique : astigmatisme direct ne dépassant pas 0,5 à
0, 75 δ -astigmatisme régulier : astigmatisme dans lequel les deux focales sont perpendiculaires entre elles. -astigmatisme
supplémentaire : différence entre l'astigmatisme cornéen
et total.
-astigmatisme total ou astigmie : somme des
astigmatismes des diverses surfaces optiques de l’œil. C'est
l'astigmatisme mesuré subjectivement ou avec le skiascope ou les
réfractomètres. ·
La
presbytie
a)Les
autres Amblyopie :
baisse de l’acuité visuelle uni ou bilatérale allant de 4/10ème
à 1/20ème. Il existe l’amblyopie organique due à
des malformations, des infections, etc.. et l’amblyopie
fonctionnelle qui est une baisse d’acuité visuelle inaméliorable
par verres, sans lésions apparentes, et dont les lésions ne sont
pas proportionnelles à l’importance de la baisse d’acuité. Aniridie :
absence de l’iris. Congénitale ou après traumatisme. Aphakie :
absence de cristallin par luxation ou par ablation après opération
de la cataracte. L’aphake ne
peut voir ni de très près ni de très loin. Diplopie :
trouble de la vision binoculaire entraînant un dédoublement des
images par paralysie ou mauvaise coordination des muscles moteurs
des yeux ou par déplacement du cristallin (plus rare, mais elle
est alors monoculaire). Héméralopie :
baisse de la vision crépusculaire (carence de vitamine A, congénitale
(rétinite pigmentaire), ou maladie après une trop longue
exposition à la lumière traduisant une altération de la
fonction des bâtonnets avec gêne notable en vision crépusculaire).
C’est l’équivalent de la nyctalopie développée ci-après. Hémianopsie :
disparition de la moitié ou du quart du champ visuel, traduisant
une lésion des voies optiques au chiasma (hémianopsie hétéronyme
bitemporale ou binasale) et en arrière du chiasma (hémianopsie
latérale homonyme et quadranopsie). Kératocône :
cornée de forme conique. Dystrophie
cornéenne progressive le plus souvent bilatérale survenant dans
l’adolescence, semble toujours héréditaire, mais tous les
porteurs ne développent pas la maladie. Evolution vers
l’astigmatisme et la myopie. Nyctalopie :
Mauvaise vision diurne quand la lumière est bonne, vision normale
quand la lumière est faible. Cette anomalie est congénitale ou
maladive. Phosphènes :
sensations lumineuses subjectives dues à une excitation de la rétine
ou des centres visuels. Scotome :
Lacune dans le champ visuel central ou paracentral. Ilot de dépression
de la sensibilité rétinienne, mis en évidence par la périmétrie
ou la campimétrie. Le scotome scintillant transitoire est dû à
la migraine ophtalmique. Strabisme :
défaut de parallélisme des deux axes visuels dans le regard de
loin et de près. Voile noir des aviateurs : dû à une diminution d’apport sanguin à la rétine sous l’effet de l’accélération. II/
Les
anomalies de la vision d’origine chromosomique. Il y a une forme d'anomalie de la vision qui regroupe tous les types d'anomalie d'origine chromosomique. C'est la dyschromatopsie. Il s'agit d'une anomalie congénitale de la vision des couleurs déterminée par des gènes récessifs situés sur le chromosome sexuel X (hérédité liée au sexe dans 10% des cas). Elle peut aussi résulter de maladies oculaires (rétinite pigmentaire, névrite optique, etc. On trouve 2 types de dyschromatopsie : - l’anomalie trichromatique. Elle peut être une protanomalie, assez répandue, qui est une déficience pour le rouge car un individu atteint de cette anomalie confond le jaune et le orange. Elle peut être également une deutéranomalie, la plus commune avec une vision faible de la couleur verte et une confusion entre le jaune et le orange également. Ensuite il peut s’agir d’une tritanomalie, la plus rare caractérisée par une vision faible du bleu et une confusion entre le vert et le bleu. - l’anomalie dichromatique ou le daltonisme. Le
daltonisme est l'anomalie de la vision la plus répandue des
anomalies d'origine chromosomique et la forme la plus fréquente
de la dyschromatopsie. C’est une anomalie de la vue qui se
caractérise par l'absence de perception des couleurs, ou par une
incapacité à différencier certaines teintes ou couleurs. Ce
trouble de la vision est en fait connu sous le nom de
"daltonisme" depuis le 18e siècle, du nom du
physicien anglais John Dalton, atteint de ce type de "cécité
des couleurs" et diagnostiqué comme tel par le médecin et
physicien Thomas Young. Les
études menées depuis lors ont révélé les causes de cette
anomalie de la vision. En effet les deux gènes qui codent pour
les pigments des cônes L et M sont alignés l'un derrière
l'autre sur les bras longs du chromosome X. Il en résulte, lors
de la méiose (double division cellulaire aboutissant à la réduction
du nombre de chromosomes, et qui se produit au moment de la
formation des cellules reproductrices), des risques de
recombinaisons partielles entre eux (par crossing-over) entraînant
des perturbations de la vision colorée. Deux cas de crossing-over
sont alors possibles : le crossing-over inter génique, et le
crossing-over intra génique. -
Dans le premier cas, un gène entier est absent d'un des deux
chromosomes; l'homme qui hérite de ce chromosome est dichromate.
L'autre chromosome X, en revanche, possède le gène en double
exemplaire, et l'homme qui en hérite a une vision colorée
normale: le gène supplémentaire n'a pas d'effet apparent. -
Dans le second cas, toujours lors de la méiose, le point de
rupture du chromosome se fait au milieu du gène lui même, ce qui
a pour effet de séparer les exons. Le crossing-over produit alors
des gènes hybrides; une partie des exons codant la iodopsine M
est transférée dans le gène des iodopsines L, et vice versa.
Les substitutions d'acides aminés qui en résultent modifient les
courbes d'absorption des pigments de façon variée, d'où des altérations
de la vision colorée qui vont d'une anomalie minime au
dichromatisme. On
sait classer les formes de daltonisme ; cette classification se
fait selon le type du cône atteint. Aux trois types de cônes
correspondent donc trois types de daltonismes: ·
Pathologie
du cône L: le sujet est protanope (n'a pas de iodopsine L) ou
protanomal (le rouge est présent mais déficient). ·
cône
M: la version du daltonisme la plus fréquente est la deutéranopie
(manque de la iodopsine M). La deutéranomalie est la déficience
du vert. ·
cône
S: certains sujets sont tritanopes (pas de iodopsine S), mais ce
cas est extrêmement rare. Encore une fois, il existe la
tritanomalie, déficience du bleu. Ainsi,
deux daltonismes existent. D'un côté, le manque d'une iodopsine:
le sujet est donc dichromate ; ceci est lié au premier cas des
mutations, où le gène est absent. De l'autre côté, le
trichromatisme anormal, une déficience d'une couleur. Ceci est lié
au cas numéro deux : le crossing-over. Ainsi
le daltonisme s'explique par la présence d'un gène anormal sur
le chromosome X. Chez la femme, qui possède deux chromosomes X,
la présence d'un gène anormal est le plus souvent compensée par
un gène normal sur le second chromosome X. La femme peut donc être
porteuse du gène du daltonisme et le transmettre à ses enfants,
sans pour autant être atteinte de ce trouble. Chez l'homme, qui
possède un chromosome X et un chromosome Y, le gène anormal
transmis génétiquement ne peut être compensé. Les
individus atteints de daltonisme ont donc une vision du monde
assez particulière. Par exemple, les trichromates anormaux ont
quelques erreurs dans leur vision des couleurs, mais celles-ci ne
sont pas remarquables, car ils restent trichromates, tandis que
ceux qui sont dichromates (protanopes, deutéranopes et
tritanopes) ont une vision très différente. On dit souvent que
les daltoniens confondent le vert et le rouge. Mais en fait, leur
perception du monde coloré est très différente de celle de la
plupart des gens. Leur environnement ne comporte que deux couleurs
dominantes (le plus souvent bleu et jaune), mais toutes les autres
couleurs du spectre leurs sont visibles
par des nuances différentes. On
a finalement trois formes de daltonisme :
- deutéranomal : déficience pour le vert
- tritanomal : déficience pour le bleu
- achloropsie : cécité pour le vert
-
acyanopsie : cécité pour le bleu
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© David Jardin 2002
Dossier réalisé par:
Amelie Delpeuch
Apolline Auclerc
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