| Les
remèdes contre les anomalies
Il existe seulement quelques moyens de correction des yeux malades, pour
ceux qui sont atteints par des anomalies d'origine non chromosomique.
Il demeure ainsi les verres de lunettes, les lentilles, ou pour se séparer
définitivement de l'anomalie une opération est envisageable pour
certaines anomalies. a)
Les
verres de lunette.
Elles
succèdent aux lentilles de l'antiquité et à la loupe du XI ème siècle.
Elles apparaissent à la fin du XIII ème siècle. Elles furent inventées
par plusieurs personnes dont Roger Bacon un moine anglais (1212-1294),
Alexandre de Spina, Selvina Armati. Il
existe trois grandes sortes de verres :
·
Les verres multifocaux :
Les verres pour les lunettes peuvent être composés
de plusieurs matières.
·
les
verres composites : ils combinent les qualités des verres minéraux
et des verres organiques.
Les
verres de lunettes possèdent aujourd'hui plusieurs options grâce à différents
traitements
Il
existe des lunettes à régler soi-même. Elles ont été inventées
par le docteur Joshua Silver dans la New College à Oxford en
Grande-Bretagne. En fait il s'agit de lentilles de polyester
transparent fixées sur une monture conventionnelle. Un tube permet de
remplir d'eau l'interstice situé entre les 2 parois. Une seringue
permet de faire varier la quantité de liquide. On peut ainsi adapter
ces "verres" au vue entre -4 et +4 dioptries. a)
Les
lentilles de contact.
On
divise globalement les lentilles de contact en deux catégories : les
lentilles rigides et les lentilles souples. -
les lentilles rigides :
elles peuvent subir une légère flexion, mais si
la pression est trop importante, elles se brisent. Elles ont la particularité
de ne pas épouser parfaitement la cornée (à l'inverse des lentilles
souples) et il se forme entre l'œil et la lentille un ménisque
de larme qui possède une action correctrice. Ce ménisque de larme
compense à lui seul 90 % de l'astigmatisme d'un sujet, lorsqu'il y en
a un. Les lentilles rigides sont donc très appréciables lorsque l'on
sait qu'il est fastidieux de corriger un astigmatisme, la lentille
devant absolument garder son horizontalité et ne pas tourner. Il existe deux sortes de
lentilles rigides : -
Les lentilles rigides classiques (non perméables aux gaz) Ces lentilles ne permettent
pas à l'oxygène de les traverser, mais elles ont une durée de vie
exceptionnelle (5 à 10 ans). Elles
sont fabriquées dans un plastique transparent, non toxique, appelé
le polymethylmethacrylate (PMMA), plus connu sous le nom de Plexiglas.
Ce matériau est d'une excellente qualité optique et se travaille très
facilement. Mais ces lentilles peuvent se briser et doivent être
utilisées avec précautions. Elles sont moins confortables que les
lentilles souples et nécessitent une certaine période d'adaptation.
Ces lentilles ne sont donc pas indiquées pour les personnes qui désirent
un port occasionnel, mais plutôt pour un port prolongé. Le PMMA étant
un matériau qui ne laisse passer ni l'eau ni l'oxygène, il faut
parfois mettre des larmes artificielles. Les lentilles sont aussi parfois perforées de
petits trous pour permettre une respiration de la cornée. Elles sont
donc fabriquées avec les diamètres cornéens les plus petits afin
d'améliorer l'aspiration des larmes à chaque battement de paupières.
En effet le fait de cligner des yeux provoque un renouvellement
partiel des larmes coincées derrière la lentille rigide, ce qui représente
une autre manière de palier l'imperméabilité aux gaz du fait que
l'oxygène atmosphérique se dissout dans les larmes. Mais ce phénomène
d'aspiration est insuffisant pour apporter de l'oxygène à la cornée. De plus, les petits diamètres contribuent à une désagréable sensation au niveau des paupières, et les personnes possédant de grandes pupilles sont optiquement gênées par une zone optique moins large. Enfin les particules aéroportées
(poussières, terre ou grains de sable) qui se glissent sous la
lentille peuvent frotter contre la cornée, ce qui peut provoquer des
petites déchirures et un net inconfort. Dans un tel cas, le porteur
doit être entraîné à retirer rapidement et facilement sa lentille
de contact. - Les lentilles rigides perméables à l'oxygène,
lentilles semi-rigides, lentilles semi souples Ces
lentilles sont un peu plus souples que les lentilles en PMMA et
permettent à l'oxygène de passer afin de faire respirer la cornée. Les
lentilles rigides perméables aux gaz sont fabriquées à partir de
plusieurs matériaux. Cependant, la plus grande souplesse de ces
lentilles (que l'on nomme semi-rigides ou semi souples) nécessite une
plus grande épaisseur afin de créer un ménisque de larme. Rappelons
que ce ménisque de larme permet de compenser (lorsqu'il y en a un...)
90 % de l'astigmatisme d'un sujet. Ces
lentilles ont les mêmes avantages que les lentilles rigides en PMMA
(non perméables), mais n'ont pas les inconvénients liés à l'imperméabilité
à l'oxygène. Cependant les silicones contenues dans les lentilles
perméables à l'oxygène favorisent les dépôts, ce qui nécessite
un entretien plus poussé. Par contre puisque l'oxygène passe
librement, les diamètres sont plus grands, ce qui est plus
confortable pour le porteur. -
les
lentilles souples : elles ont un énorme
avantage puisqu’elles absorbent l'eau. En effet, elles sont fabriquées
dans des matériaux très hydrophiles, que l'on nomme des hydrogels. La présence
d'eau dans la lentille permet aux gaz de la traverser, ce qui représente
pour la cornée une source d'apport en oxygène puisque cette dernière
est dépourvue de vaisseaux sanguins. Il existe
une très grande variété de lentilles en hydrogels, dont l'eau représente
de 35% à 80 %. Le confort
des lentilles souples est remarquable, il est directement en relation
avec la souplesse du matériau, et le diamètre cornéen de la
lentille. Le confort des grands diamètres
des lentilles souples...
La lentille souple est donc
généralement confortable dès qu'elle est posée sur l'œil, ce qui
réduit largement le temps d'adaptation… De plus, grâce à sa
souplesse et grâce à ses grands diamètres, la lentille risque moins
de sortir de l'œil ou de se briser. Ainsi, la lentille étant large,
le porteur ne voit plus les bords de la lentille.
Mais le grand diamètre de la lentille rend sa pose et son
retrait plus difficile. La
forte teneur en eau des lentilles souples... Grâce à sa forte teneur en eau, ce qui
augmente la transmission de l'oxygène, les lentilles souples
provoquent bien moins de problèmes cornéens que les lentilles
rigides. Par contre, cette eau augmente l'adhérence des
dépôts et augmente la probabilité de voir une colonie bactérienne
se développer. Pour ces raisons, il ne faut pas négliger les procédures
d'usage : le nettoyage et la désinfection des lentilles doivent être
plus rigoureux que pour les lentilles rigides. Enfin, ces lentilles ne sont pas idylliques dans
la mesure où elles sont aussi vulnérables aux facteurs extérieurs :
humidité, température, pH, etc. II/ La chirurgie oculaire. a)
La
chirurgie réfractrice. Il s’agit de l’ensemble des techniques
chirurgicales destinées à corriger les anomalies de la réfraction
comme la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatie. ·
La
chirurgie au laser Excimer La chirurgie au
laser Excimer a pour principe de modifier la forme de la cornée en réalisant
une ablation localisée de tissu cornéen. Cette propriété est
utilisée de deux façons : 1.-Le laser Excimer de surface. Le
laser Excimer (argon fluor), appelé encore photo kératectomie réfractive,
qui existe depuis 1983 corrige le défaut de la myopie et de
l’astigmatisme en reprofilant la cornée de quelques dizaines de
microns, en réalisant des incisions cornéennes très fines et
relativement profondes ou des remodelages de la cornée. Il s’agit
d’une technique chirurgicale simple qui est beaucoup utilisée
aujourd’hui. Son principal avantage est
la sécurité. L’intervention chirurgicale
ne dure que 10 à 30 secondes pendant lesquelles l’œil doit se
focaliser sur un point lumineux. L'opération se pratique sous anesthésie locale. Après
un pelage de la couche superficielle, les impacts de laser sont
appliqués sur la surface de la cornée. Le
rayon laser n’enlève quelques microns à la surface de la cornée
qui suffisent à corriger la vue. Pour
la myopie, le laser Excimer permet des interventions correctrices
pouvant aller aujourd’hui jusqu’à 6 dioptries. Il est cependant nécessaire
que la myopie soit stabilisée pour garantir les meilleurs résultats.
Une intervention peut donc être envisagée à partir de l’age de 22
ans environ. La
vision est stabilisée au bout de quelques semaines ou quelques mois
parfois, ainsi on procède généralement à la correction d’un œil
après l’autre. Les inconvénients résident dans les phénomènes douloureux qui peuvent
exister pendant quelques jours. En cas de correction insuffisante, une nouvelle intervention est possible dans un délai minimum d'un an. 2.- Le laser intrastromal (Lasik).
Il
utilise le même appareil mais la technique diffère. On découpe
d’abord une lamelle superficielle de cornée que l’on rabat sur le
côté pour creuser en profondeur, puis on replace la lamelle découpée.
Le Lasik permet de corriger jusqu’à 5 dioptries pour l’hypermétropie
et l’astigmatisme, et -12 dioptries pour la myopie. Les suites de
l’intervention sont moins douloureuses et la vision s’améliore
plus vite. En cas de correction imparfaite, il est généralement
possible de compléter le traitement. Le principal inconvénient réside dans la découpe du
volet cornéen qui peut induire des complications spécifiques (altérations
de forme et de transparence de la cornée).
3.-
Particularités des techniques utilisant le laser Excimer. Après toute chirurgie au laser Excimer, le port de verres filtrant les
ultraviolets est nécessaire pendant plusieurs mois en cas
d'exposition solaire. Le laser Excimer est utilisé depuis quelques années, ainsi ses effets à très long terme ne sont pas encore connus. · La technique d'incision cornéenne. La pratique
d'incisions profondes dans la cornée permet également de modifier sa
forme. Lorsqu'elles sont disposées de façon radiaire périphérique
(technique nommée kératotomie radiaire), elles permettent de
corriger la myopie faible et moyenne. La stabilité de a correction
n'est cependant pas assurée, car l'évolution à long terme peut se
faire vers l'hypermétropie. Des incisions transverses ou arciformes peuvent corriger l'astigmatisme. ·
La technique des anneaux
intra-cornéens. L'insertion de segments d'anneaux synthétiques dans l'épaisseur de la cornée périphérique permet de modifier la forme de la cornée. Son principal avantage théorique est la réversibilité. Cette technique est récente. Le recul est insuffisant pour apprécier sa tolérance à long terme et pour juger de la stabilité de la correction. ·
La technique des implants
intra-oculaires. Ces techniques
chirurgicales nécessitent l'ouverture de l'oeil, ce qui peut induire
des complications au niveau des différents tissus. Elles consistent
à mettre en place des implants synthétiques qui sont des lentilles réfractives
permettant de modifier le trajet des rayons lumineux, sans modifier la
forme de la cornée. Ces techniques sont réservées à la correction
des fortes myopies et des fortes hypermétropies. Les implants peuvent
être placés en avant du cristallin ou après son extraction. Lorsque le cristallin est extrait, la capacité de mise
au point entre vision de loin et vision de près (mécanisme de
l'accommodation) est perdue et doit être compensée par des lunettes.
Cette chirurgie s'adresse en général à des patients de plus de 40
ans. La mise en place d'un implant dans un oeil qui conserve
son cristallin préserve le mécanisme de l'accommodation. Elle expose
à certaines complications spécifiques au niveau de la cornée et du
cristallin qui imposent une surveillance systématique régulière à
long terme. En cas d'intolérance, ces implants peuvent être retirés. Les
risques communs à toutes les techniques de chirurgie réfractive
Le résultat recherché ne peut jamais être garanti,
car il dépend des phénomènes de cicatrisation avec des variations
individuelles. Une correction complémentaire par lunettes, lentilles
de contact ou par réintervention est parfois nécessaire. Les opérations
de chirurgie réfractive n'échappent pas à la règle générale
selon laquelle il n'y a pas de chirurgie sans risque. Même si
celui-ci est très faible, des complications allant des plus anodines
aux plus graves sont possibles. Parmi les conséquences possibles de ces complications,
on peut citer la perception de halos, une tendance à l'éblouissement
une réduction de l'acuité visuelle même avec correction, une gêne
à la vision nocturne, une vision dédoublée, une déformation des
images, un abaissement de la paupière supérieure. Ces complications
transitoires ou définitives peuvent parfois nécessiter un traitement
médical ou chirurgical. Dans des cas exceptionnels, comme pour toute chirurgie oculaire, les
complications peuvent prendre un caractère de gravité conduisant à
la perte de la vision, voire à la perte de l'oeil. Cette éventualité
est tellement exceptionnelle que sa fréquence est impossible à évaluer. b)
La
greffe de cornée. Elle
est aussi appelée kératoplastie. Il s'agit d'une transplantation
d'une rondelle de 5 à 8 mm de cornée humaine prélevée sur un
cadavre et conservée selon différentes méthodes à +4°C à moyen
terme (jusqu'à 6 jours), à long terme à +31°C (jusqu'à 1 mois). ·
Pourquoi
faire une greffe de cornée. La cornée peut
être altérée par des opacités, par un oedème ou par une déformation.
On utilise la greffe de cornée, pour tenter de restituer la
transparence et favoriser la transmission de la lumière dans de
bonnes conditions. La vision sera alors améliorée si les autres
structures oculaires le permettent. ·
L'opération. Elle est réalisée sur le patient alors qu'il est
installé sur le dos, en milieu chirurgical stérile et sous
microscope. Elle représente un geste chirurgical majeur car elle
consiste à ouvrir l'oeil et à remplacer l'un de ses éléments, la
cornée. L’hospitalisation
: l'opération nécessite une immobilisation de quelques heures au
minimum. L’anesthésie : elle peut être générale ou locale par injection de produits anesthésiques
au voisinage de l'oeil. Il est exceptionnel de pouvoir se contenter
d'une anesthésie par des gouttes. La technique opératoire : elle diffère selon le type de greffe. Dans la greffe
habituelle, le greffon provient d'un donneur humain. Il existe un
risque de rejet de la greffe. Le greffon est suturé par des fils. La difficulté
augmente avec la complexité de l'opération et les risques sont
augmentés parallèlement. Une analyse anatomopathologique de la cornée
peut être effectuée. Incidents opératoires
: La trépanation de la cornée peut être imparfaite, entraînant des
difficultés pour la suture. Les anomalies découvertes par le
chirurgien derrière une cornée opaque peuvent l'obliger à réaliser
une opération plus complexe que celle initialement prévue. Une hémorragie
peut se produire qui, en général, se résorbe en quelques jours.
Dans des cas très exceptionnels, elle peut aboutir à la perte de la
vision ou de l'oeil. Une réintervention peut être nécessaire pour
compléter la suture ou pour corriger une anomalie non constatée
pendant l'opération. De telles situations sont imprévisibles. L'évolution
postopératoire habituelle Dans la très grande majorité des cas l'oeil opéré
est peu ou pas douloureux. La récupération visuelle est progressive.
Les soins locaux
sont réduits à l'instillation de gouttes ou à l'application d'une
pommade et à la prise éventuelle de comprimés. Le port d'une
protection oculaire est utile les premières semaines. L'ablation des
fils de suture peut être nécessaire. Il est possible de les laisser
en place sans inconvénient. Un oeil greffé sera pour toujours un
oeil plus fragile. Les
complications de la greffe Bien qu'elle soit
de pratique ancienne et courante, l'opération de greffe de cornée n'échappe
pas à la règle générale selon laquelle il n'existe pas de
chirurgie sans risque. Il n’est pas réellement possible de garantir
formellement le succès de l'opération. Les complications
graves de l'opération sont assez rares. Elles peuvent cependant
aboutir, dans les cas les plus extrêmes, à la perte de toute vision,
voire à la perte de l'oeil. Le rejet de
greffe ne concerne pas l'autogreffe. Il se manifeste à partir des
premières semaines après l'opération et jusqu'à 20 ans après
celle-ci. Il peut être traité par des médicaments avec une certaine
efficacité. En cas d'échec de ce traitement le greffon reste opaque
et la vision est très basse. Une seconde greffe est possible mais son
risque d'échec est augmenté. Les infections touchent 2 à 5 cas sur 1000. Il peut y
avoir une augmentation de la pression oculaire, la déformation de la
cornée greffée (astigmatisme), parfois réversible à l'ablation des
fils ou par une opération. La perte de transparence spontanée du
greffon touche surtout les greffes réalisées sur un oeil déjà opéré.
Il n'y a pas de traitement. Une seconde greffe est possible mais son
risque d'échec est augmenté. Il peut y avoir un oedème rétinien
central. Le greffon cornéen
provenant d'un donneur a transité par une Banque de Cornée, qui a
procédé à tous les tests de qualité requis par les textes
officiels. Il n'est cependant jamais possible d'affirmer que ce tissu
biologique ne sera pas susceptible de transmettre une maladie bactérienne,
mycosique, virale ou à prion dont l'expression peut être immédiate
après la greffe ou survenir beaucoup plus tard.
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Dossier réalisé par:
Amelie Delpeuch
Apolline Auclerc
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