L'évolution démographique du Limousin et la question de la représentation cartographique

Les commentaires sur la répartition d'un phénomène économique, culturel ou électoral s'appuient de plus en plus souvent sur des cartes. La rapidité de leur production par logiciel les multiplie dans la presse et dans les manuels. Leur objectivité apparente semble irréfutable. Mais différents procédés de discrétisation (méthode de découpage d'une série statistique en classes) existent pour fabriquer les cartes quantitatives. 

Partant des mêmes chiffres et en conservant un nombre identique de classes on aboutit à des cartes différentes, toutes statistiquement aussi "justes" les unes que les autres.

On prendra ici comme exemple, l'évolution intercensitaire de la population des communes du Limousin.

Attention, les images sont importantes et le temps de téléchargement peut être long...

  • On le sait, la démographie du Limousin est caractérisée par un fort déficit naturel - du à la moyenne d'âge élevée de la population -  que ne compense pas un solde migratoire pourtant positif. Ceci est le résultat de plus d'un siècle et demi de dépérissement démographique que le graphique de gauche retrace.
  • A ce mouvement d'ensemble s'ajoute l'anémie de l'urbanisation. Limoges, seul véritable pôle urbain attractif, n'est pas épaulé par un véritable réseau urbain. Il y a "Limoges et le désert urbain limousin..."

  • Carte de l'évolution de la population communale du Limousin, entre 1982 et 1990. Découpage en 5 classes (pour les 748 communes concernées). Discrétisation par équipopulation. Chaque classe va contenir a peu près le même nombre de communes (environ 150). Mais l'étendue de chaque classe n'est pas la même.

  • Mêmes données numériques, même nombre de classes (5) mais discrétisation par égale étendue. Chaque classe aura une amplitude à peu près identique (environ 25 %).

  • Carte obtenue par seuillage "manuel". Les bornes entre chaque classes (ou seuils) sont fixées par l'utilisateur.

De "nouvelles" cartes, les cartes 3D. 

  • Les logiciels de cartographie, tirant profit de l'amélioration de la vitesse de calcul des machines, offrent désormais la possibilité d'obtenir des cartes en trois dimensions, ou plus exactement à "effet trois dimensions".. L'importance d'un phénomène sera exprimé dans une dimension verticale.
  • Ici, pour illustrer la concentration à Limoges de la population régionale, chaque commune apparaît comme une marche dont l'élévation dépend de l'importance de la population en 1999. Un effet de pavage "chaussée de géants". La couleur de chaque commune, elle, résulte d'un seuillage de l'évolution de la population communale de 1982 à 1999.

Axes routiers majeurs et peuplement du Limousin

Les grands axes de communication du Limousin, la "colonne vertébrale" de l'A 20, la N 141 (vers Angoulême), la N 145 (route Centre Europe- Atlantique), la N 147 (vers Poitiers), la N 89 et la future A 89  sont-ils des axes "peuplants" ?

Les SIG permettent de donner des éléments de réponse.

La méthodologie suivante a été suivie. On superpose à la couche des communes (contenant les données démographiques des derniers recensements), la couche des axes routiers majeurs. Ici ont été retenues les nationales 89, 141, 145, 147 et l'A 20.

On extrait les communes traversées par une requête. 111 sur les 748 communes du Limousin sont traversées par ces axes. Ces communes représentent plus de 18 % de la superficie régionale et 51,8 % de la population. Il suffit alors de cartographier (ici, par des cercles proportionnels) la population communale en 1999 et, par des plages de couleurs, l'évolution intercensitaire 1990-1999.

Un constat, la présence rapprochée d'un centre urbain semble prééminente par rapport à la proximité d'une voie de communication

Cliquer sur la carte pour obtenir un document plus précis (1200x800 pixels environ), à imprimer en mode paysage, sur transparent par exemple pour une utilisation avec un rétroprojecteur.

La cartographie même quantitative est donc bien une représentation...