Le mot "médiation " est extrêmement utilisé aujourd'hui dans des contextes très variés. Il faut parler des médiations. Par exemple, il y peu de temps, je venais prendre un train à la gare du Nord et j'ai vu un groupe de jeunes gens vêtus d'une sorte de combinaison sur le dos de laquelle était inscrit en grosses lettres " Agent de médiation ". Autre exemple, il y a une émission sur France 2 où un médiateur intervient le samedi. On pourrait multiplier les exemples et chacun d'entre nous en a probablement d'autres à citer. On constate donc que la médiation a pris beaucoup d'importance. Je ne critique d'ailleurs pas cette évolution car je pense que c'est effectivement important.
Dans ces médiations, il faut donc situer et présenter
une forme spécifique qui est la médiation pédagogique.
Si on peut schématiquement définir les différentes
formes de médiation comme une tentative de régulation
des conflits, la médiation pédagogique en est une
forme très particulière.
L'idée de régulation est centrale en effet et elle apparaît aussi dans la médiation pédagogique (tenter de réguler les problèmes que peut avoir l'apprenant par rapport au savoir qu'il a à acquérir par exemple), mais fondamentalement, la médiation pédagogique, par ses origines, renvoie à la dimension sociale et culturelle de l'intelligence : l'intelligence se construit chez tout individu dans les interactions sociales et culturelles qu'il développe au cours de sa vie. Si les premières années ont une plus grande importance, c'est tout au long de sa vie que l'on construit et que l'on développe ces compétences en relation avec autrui.
A l'origine
de ce concept de médiation pédagogique, il y a un
psychologue : Léon Vygotski (1896 1934) qui affirmera
que l'intelligence est une construction sociale. Plus tard des
chercheurs comme Reuven Feuerstein ou encore Jérôme
Bruner, tout en ne remettant pas en cause l'importance des facteurs
sociaux dans le développement de l'intelligence, insisteront
davantage sur l'importance de l'appropriation culturelle.