Le sentiment de compétence : C'est le critère à travailler en priorité avec certains groupes ; les groupes qui, quelle que soit leur attitude quotidienne, se sentent en situation d'échec par rapport au fonctionnement intellectuel en général ou par rapport à certains contenus de formation. Bien entendu, ils développent des mécanismes de défenses pour pouvoir exister. Cependant, le cadre social dans lequel ils évoluent (stage ou vie quotidienne) leur renvoie cette image de "raté intellectuel" et ils passent du temps et de l'énergie à ne pas se trouver dans une situation qui mettrait leur incompétence en lumière. Ces mécanismes de défense centrés sur l'échec sont des mécanismes qu'il va falloir combattre, sous peine de ne pas pouvoir mener un travail intellectuel. Mais il ne faudra pas les combattre n'importe comment. Il faudra montrer, et être soi même persuadé, que les individus ont tous un potentiel de compétence, supérieur à ce qu'ils imaginent eux-mêmes. L'approche médiationnelle pour persuader quelqu'un qu'il est plus compétent qu'il l'imagine, globalement ou sur des aspects spécifiques de la formation, est de lui faire faire des choses difficiles, mais, bien entendu, avec une guidance qu'il ne faut pas confondre avec une assistance. Il faudra aussi lui donner les moyens d'évaluer lui-même ses progrès de façon objective. Le travail sur le sentiment de compétence passe par toutes sortes de chemins et c'est un travail essentiel dans la pédagogie de la médiation.
Le défi : est complémentaire à la médiation du sentiment de compétence et recouvre un des aspects de la médiation de la transcendance. Il s'agit de remplacer une réaction de fuite face à la complexité de la tâche par une réaction d'excitation et d'envie d'essayer ("c'est difficile, dont ça m'intéresse"). Cette médiation fonctionne lorsque la confiance en soi est un peu restaurée. Quand la médiation du défi est bien réussie il arrive que les apprenants disent : "encore ce genre de travail, on ne peut pas avoir quelque chose de plus difficile ?". Ils ont redécouvert ce que Tolman appelle "le plaisir cognitif", la curiosité intellectuelle. Il est évident que ce résultat a des conséquences extrêmement positives sur leur fonctionnement intellectuel.