L'évocation est un retour intérieur et actif fait sur ces impressions de nature diverse pour les structurer, leur donner un sens, pour les interpréter, et les mettre en relation avec des éléments déjà connus, ou simplement pour les coder et les garder en mémoire. C'est le deuxième temps, celui où l'individu, à partir des traces perceptives, fait une interprétation personnelle qui va constituer pour lui le sens de la réalité d'un évènement extérieur.
L'évocation est
une activité interne, invisible directement pour l'observateur
extérieur. Le processus lui-même peut être
"inconscient" pour celui qui l'effectue, inconscient
voulant simplement dire ici qu'il n'en a pas conscience comme
c'est le cas de la multitude des gestes habituels que nous effectuons
chaque jour. Cependant il est possible d'en prendre conscience
et d'agir sur certaines modalités de l'évocation.
Quand on tente de donner un explication à un élève,
et qu'il ne comprend pas, on tend à affirmer globalement
qu'il "ne comprend pas", qu'il "n'écoute
pas" ou même "qu'il est bête". Il se
peut plus simplement que sa façon particulière d'évoquer
ce qu'il perçoit fasse que l'information que nous voulons
lui donner ne parvient pas à sa conscience. Si c'est le
cas, ses capacités intellectuelles n'ont même pas
l'occasion de s'exercer puisque leur source est tarie.
Au moment de l'évocation, il y a création d'images
mentales, de nature visuelle, auditive, verbale ou kinesthésique.
Nous appellerons Kinesthésique une évocation dont
la nature est ressenti, que ce soit un ressenti physique, musculaire
ou émotif. Ces images existent en l'absence de l'objet
externe; elles permettent d'avoir conscience d'une image visuelle,
de sons entendus, de paroles prononcées, de émotions
ressenties ou d'impression de mouvements en l'absence de tout
stimulus externe ou de tout mouvement physique. Dans tous ces
cas nous parlerons d'images mentales. Toute notre activité
intellectuelle se fait à partir des images mentales et
non pas des objets externes.