Les très bons élèves anticipent et possèdent des indices (très personnels) pour déceler ce qu'il y a d'important : ils imaginent les questions qu'on va leur poser et révisent en fonction de ce tri.
Les élèves
plus faibles relisent éventuellement ; leurs termes pour
dire ce qu'ils font sont très vagues et en tout cas expriment
une extériorité , une passivité., par rapport
à leur travail.
Tous les élèves travaillent tout seul
Juste avant le devoir :
Les très bons élèves pensent qu'ils vont réussir parce qu'ils pensent à leur dernier devoir : ("je vise la note")
Les plus faibles "évitent
de penser"
"pensent qu'ils vont le rater"
"essaient de se calmer"
Les bons élèves lisent plutôt une seule fois et reprennent ensuite certains passages en fonction des questions ou des difficultés : ils adaptent leur stratégie de lecture à une situation, à leur situation ("quand je")
Les moins bons relisent plusieurs fois pour chaque question, ou sans projet précis.
Leurs représentations
: Il semblerait que les moins bons soient plus dans "le ressenti".
Les meilleurs ont des représentations plus riches et plus
précises, qui peuvent se diversifier en fonction des textes,
ou, à l'intérieur d'un même texte, en fonction
d'éléments précis (question posées,
leurs réactions personnelles)
Les mots difficiles bloquent les moins bons qui s'y attardent
et n'essaient qu'une solution ; plutôt essayer de comprendre
par rapport au contexte.
Les bons essaient plusieurs solutions si la première ne marche pas.
Le barème : la plupart des élèves
le regardent, mais là encore, les très bons ne le
regardent que s'il y a un problème, les moins bons le regarderaient
plutôt plus.
Attitude face aux questions : les bons ont trouvé
des moyens individuels (des croix, soulignent, reformulent, "plusieurs
choses à la fois"), vont à l'essentiel, déterminent
une stratégie en fonction de
Les moins bons n'essaient
qu'une seule chose ou tâtonnent, hésitent entre plusieurs
stratégies.
Quand ils ont leurs classeurs, 5/8ème des moins bons ne l'utilisent pas du tout, ils ne voient pas le rapport avec ce qui a été fait.
Les questions difficiles : les meilleurs essaient davantage
de les reformuler. Les moins bons, globalement, demandent plus
au prof ou passent à la suivante.
Les brouillons : en général, tous élèves
confondus, peu font des brouillons. La différence réside
dans les justifications : les meilleurs (qui en font plutôt
plus) ont des objectifs précis ou, quand ils n'en font
pas, expliquent précisément pourquoi.
Les rédactions des questions :
les meilleurs utilisent
tous ce qui a déjà été fait. La question
suivante est donc sans réponse.
Les moins bons sont moins clairs parfois incohérents dans
leurs réponse. S'ils disent utiliser ce qui a été
fait, ils peuvent aussi répondre qu'ils ne voient pas le
rapport avec le devoir. Mais globalement, ils utilisent moins
ce qui a été fait.
En général,
bons ou moins bons ne relisent pas systématiquement, ne
se réservent pas du temps pour la relecture (un seul très
bon). La différence, là encore, entre les
deux groupes, vient du projet : les bons relisent avec
des projets précis, dans des situations qu'ils précisent.
Les moins bons ne semblent pas savoir pourquoi. 3/8ème
refusent par peur de s'apercevoir que tout est faux.
Conclusion : les bons élèves savent anticiper, Imaginer, donc
Travailler en triant, ils sont actifs et ont donc confiance. Ils adaptent leur stratégie, les diversifient, ce qui signifie qu'ils en ont plus d'une et savent s'adapter eux aussi à des situations différentes.
Dans toutes les phases de leur travail, ils ont des projets,
des objectifs précis. Ils savent utiliser ce qui a
déjà été fait, parce que leur expérience
passée leur a prouvé que c'était efficace.
Les élèves
en difficulté
révisent de façon passive, restent extérieur
à leur travail, n'anticipent pas. Ils manquent de confiance
puisque ce qu'ils ont fait dans le passé ne fonctionne
pas.
Leur travail est parfois plus important, plus fastidieux et
inefficace (relire tout le texte à chaque question)
et on comprend ceux qui disent ne rien faire.
Leur objectif et leur projet sont imprécis ou correspondent
à ce que le professeur leur a dit de faire (relis-toi,
fais un brouillon). Mais ils ne savent pas pourquoi.
Ils ont des difficultés à établir une
relation avec les travaux antérieurs. Ils n'ont pas
de stratégie personnelle, mais n'essaient qu'une méthode
pas toujours adaptée à la situation.
Plus généralement, il semblerait que ces élèves ne soient que dans le présent (et encore !), le passé ne leur servant à rien, et le futur n'étant pas imaginable, ne leur fournit aucun projet. Le "vide" qu'ils essaient de faire avant le devoir se retrouve dans l'absence de projet à chaque étape de leur travail.
Il faut essayer de leur montrer l'efficacité, pour eux
individuellement, dans les aller-retour futur/présent/passé.
A partir de ces éléments de réflexion, on
peut envisager trois axes de remédiation :
Anticiper, se donner des projets.
Mettre en relation travaux antérieurs et réalisations dans le présent.
Se créer plusieurs stratégies, diversifier ses propres stratégies.
Il sera important, après chaque étape, de faire, avec l'élève un retour sur ses nouveaux modes de fonctionnement, sur les stratégies qu'il a adopté, pour lui en faire prendre conscience et voir avec lui qu'est-ce qui l'aide à mieux réussir. C'est cette analyse qui peut etre une condition de transfert.
1) L'anticipation.
- En aide individualisée :
* faire avec les élèves en cours, des exercices
(par exemple : - différents types de discours- la versification
- les figures de style)* leur proposer un texte et leur demander d'imaginer et de rédiger les questions sur le texte.
- En cours, plus tard, et en prévision d'un devoir, faire imaginer à toute la classe les questions qui pourraient être posées : discuter et justifier le choix des questions.
- Après le devoir : analyser avec les élèves ce qui a été fait
ce qui les a aidés
ce qui ne leur sert à rien- Lors de la lecture d'uvres intégrales : insister sur le travail d'anticipation : par exemple à partir de , leur faire imaginer et rédiger une suite, la leur faire justifier en comparant avec le texte initial : voir ce qui est possible, ce qui ne l'est pas..
2) Mettre en relation les travaux effectués antérieurement et un devoir.
- en aide individualisée :
* proposer un texte
* proposer une série de questions se référant à des cours différents (ex : analyse d'un champ lexical, valeur du "on", d'un conditionnel, différents modes de focalisation, figures de style)
* rechercher dans le livre ou dans le classeur des éléments pertinents pour répondre aux questions.
- en cours : reprise.
3) Diversifier ses stratégies :
- en aide individualisée ou en cours : travail en équipe
* proposer un texte, des
questions, précisé que les réponses peuvent
être dans le livre ou dans le classeur
* les faire discuter des stratégies à adopter ("j'ai
fait comme ça parce que")
* (Cf. fiche "communauté de recherche")