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Pierre LEROUX    1797-1871
L'auteur de cette contribution est Daniel Dayen, professeur et historien, auteur d'ouvrages reconnus dont le dernier est consacré à Martin Nadaud:

"Martin Nadaud, ouvrier maçon et député   1815-1898" paru aux Editions Lucien Souny

 

Pierre Leroux, l’inventeur, ou du moins l’introducteur en France du mot " socialisme " comme antithèse de l’individualisme, voit le jour à Paris le 7 avril 1797 d’un père limonadier qui meurt en 1808. Il fait, comme boursier, de brillantes études secondaires au lycée de Rennes, doit renoncer à Polytechnique en raison de la situation financière de sa mère, devient ouvrier typographe et conçoit les plans d’une machine à composer qui ne verra jamais le jour. Il fonde avec Paul François Dubois le Globe, qui devient le journal des jeunes opposants au régime de la Restauration. Après la révolution de 1830, il en devient le seul maître et se rallie au saint-simonisme dont il se sépare en novembre 1831. Il fonde alors la Revue encyclopédique, puis, en 1836, avec Jean Reynaud l’Encyclopédie nouvelle où il donnera une centaine d’articles.

Pierre Leroux avait connu George Sand en 1835 et une profonde amitié naquit de leur admiration mutuelle, le philosophe trouvant auprès de l’écrivain une aide matérielle importante. Spiridion est dédié au philosophe dont l’influence est particulièrement nette dans les romans " socialistes " du début des années 1840. En 1841 les deux amis fondent avec Viardot la Revue indépendante. En 1843, Pierre Leroux obtient un brevet d’imprimeur et, l’année suivante, il s’installe à Boussac, toute petite sous-préfecture de la Creuse, à quelques lieues de Nohant. Avec ses frères, ses enfants, ses gendres et ses disciples, il va fonder là une communauté égalitaire qui comptera Pauline Roland parmi ses membres. Des bourgeois de Limoges imprégnés d’idées sociales viendront faire " le pèlerinage de Boussac ".  Les œuvres et les articles éparpillés du philosophe seront réimprimés ou réunis en brochures et en livres, ainsi en 1846 : De l’Humanité, De l’Egalité, Malthus et les économistes, Le carrosse de M. Aguado. Le premier numéro de la Revue sociale paraît en octobre 1845. Il imprime aussi l’Eclaireur, journal lancé par George Sand à la suite de l’affaire Fanchette et dont il devient propriétaire en 1847.

La Seconde République fait de Pierre Leroux un éphémère maire de Boussac. Elu représentant du peuple à Paris en juin 1848, il quitte la localité. A la Constituante puis à l’Assemblée législative il fera des interventions remarquées, en particulier sur la défense des insurgés de Juin et sur un projet de constitution fondée sur le système des triades, l’un des fondements de sa doctrine. Ses longs discours, son abondante chevelure et son aspect quelque peu négligé font la joie des caricaturistes.

Aux lendemains du coup d’Etat, Pierre Leroux part pour l’Angleterre. A Londres, il fonde avec Louis Blanc et Cabet une éphémère Union socialiste puis il rejoint Jersey où il vivra difficilement, tentant de mettre en pratique sa théorie du circulus, fondée sur l’emploi de l’engrais humain. Il rentre en France en 1860, vit quelque temps dans le Midi, publie de 1863 à 1865 la Grève de Samarez, en partie écrite à Jersey. Sa dernière œuvre sera en 1866 une traduction du livre de Job. Il meurt à Paris pendant la Commune, le 12 avril 1871.

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Caricature extraite de la revue " La banque-Proudhon" par Cham - Collection particulière -
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Caricature extraite de la revue " La banque-Proudhon" par Cham - Collection particulière -