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Un
chemin qui menait de la Colomberie à Champagnat avait une sale réputation,
car dans tout le sous-bois touffu il y avait un loup-garou terrifiant.
Les jours de foire de Saint-Moreil, si la
vente de la vache était bonne, quelques écus disparaissaient dans le vin
rouge et pour rentrer à Champagnat rien ne faisait peur. Thienissou et
l’Antoine en firent les frais. Le visage griffé, sale, couvert de boue,
les vêtements en lambeaux, Thiennissou arrive chez lui où la Maria
l’attend avec un bouquet d’orties. Alors, tout penaud, « o dissé qué lé
loup-garou qui m’a attaqua » et il montra son bâton où de gros et longs
poils noirs étaient collés par une boue sanglante. L’Antoine «a du si fa
bouffa».
Cette attaque reste un mystère non éclairci car les poils n’étaient pas à
un loup, ni à un chien, alors à qui appartenaient-ils ?
Toujours est-il que la Léonie (la femme de l’Antoine) s’est mise à hurler
tous les jours de foire à Saint-Moreil, appelant son homme qui n’est
jamais revenu, pas plus que les écus. Les habitants de Champagnat
cherchent encore… |